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jeudi 19 juillet 2007

Le mystère des frais de service... et une réponse

Moi-même ayant travaillé dans l'industrie du spectacle durant cinq ans et demi, je n'ai jamais eu de réponses adéquate de la part de mes supérieurs à propos du montant des frais de service. Qui les impose, et pourquoi? Pourquoi le prix annoncé n'inclut-il jamais lesdits frais de service?

Mais le bloggeur Bob Lefsetz est venu répondre à quelque-unes de mes questions hier soir. Pour ceux qui ne le connaisse pas, Lefsetz est reconnu dans l'industrie de la musique pour être une chroniqueur à la plume franche et directe. Bien qu'il ait la facheuse habitude de se rappeler du bon vieux temps où la musique était réservé à une élite, il reste un observateur lucide de l'industrie.

Dans sa dernière chronique, il explique de manière à la fois brillante et coloré pourquoi les frais de service ne sont jamais inclus dans le prix des billets:

It's not TicketMaster's fault, it's the BUSINESS' FAULT!

Everyone sophisticated knows those additional charges are profits. In many cases the ONLY profits the promoter will accrue. They're not included in the ticket price because then the act will want to commission them.

So, we have an archaic business model that pisses fans off, which is only HURTING THE BUSINESS!

If there were a P2P for concert tickets, the industry would be fucked. Point is, the industry has to get its house in order. It needs a final price. This standoff is ultimately going to create so much ill will it's going to start cutting down grosses. But then it will be too late. When no one trusts not only TicketMaster, but LiveNation, AEG and the ACTS!

This has gone on too long. How about a standard industry contract. Specifying that certain charges are uncommissionable. Oh, negotiate forever, but if you don't come to an agreement, it's gonna hurt you.

(Traduction libre et adaptation: Le Réseau Admission n'est pas à blâmer. C'est la faute de l'industrie!

Les gens moindrement intelligents savent que ces frais additionnels sont des profits. Ce sont même parfois les SEULS profits que le promoteurs va se mettre en poche. Ils ne sont pas inclus dans le prix des billets car les artistes pourraient alors en revendiquer une quote-part.

Nous avons donc un modèle d'affaire archaïque qui ne fait pas l'affaire des fans, ce qui ne peut que NUIRE À L'INDUSTRIE DU SPECTACLE!

S'il y avait un système P2P pour les billets de spectacles, l'industrie serait sans dessus-dessous. L'industrie du spectacle doit faire du ménage dans sa cour. Elle doit promouvoir les billets de spectacles à un prix incluant tous les frais. Si aucun changement n'est fait maintenant, les recettes des tournées seront à la baisse. Il sera alors trop tard pour faire quoi que ce soit, car les non seulement les gens ne feront plus confiance au Réseau Admission mais ils ne feront plus confiance aux promoteurs, à l'industrie et aux ARTISTES!

Ce modèle n'a plus sa raison d'être. Pourquoi ne pas imposer un contrat standard à l'industrie en mentionnant que les artistes ne peuvent revendiquer une quote-part sur les frais? Les artistes et les producteurs doivent négocier aussi longtemps qu'ils veulent, mais s'ils n'en arrivent pas à une entente, c'est tout le milieu de l'industrie du spectacle qui sera affecté.)

lundi 14 mai 2007

Bye bye boss

Après cinq années de loyaux services, j'ai décidé de quitter mon employeur.

Plusieurs raisons m'ont poussé à prendre cette décision. Parmi celles-ci, je me permet de mentionner que l'ambiance de travail s'était passablement détérioré ses derniers jours, que les clients agissaient comme des champions du monde plus que jamais, que les conflits de personnalités avec certaines personnes étaient devenus étouffantes, que le leadership dans ma compagnie était inexistant, que les perspectives d'avenir de ma compagnie étaient nuls et que le salaire était insatisfaisant... pour ne nommer que ces raisons.

Le timing est parfait, puisque je quitte le Québec pour New York ce jeudi. Ce voyage va me permettre de faire le point sur ma situation personnelle et professionnelle.

vendredi 4 mai 2007

La switch à bitch, si vous permettez...

Écoeuré. Brûlé. Pus capab. Appelez ça comme vous le voulez, j'en ai ras-le-pompom de mon emploi. À tel point que je considère quitter mon emploi afin de voir si le pâturage est plus vert ailleurs.

C'est que, voyez-vous, les appels que nous avons reçu aujourd'hui relativement au Cirque du Soleil peuvent se classer en trois catégories: appel de personnes névrosées, appel de personnes incapables de s'exprimer dans un français convenable ou appel de personnes si excités que l'on se demander si elles n'ont pas sniffé trois lignes de coke avant d'appeler.

Et puisque tout le Montréal médiatique a parlé de la première du spectacle ce matin, nous étions inondés d'appels de Moron Retardataire des Banlieues qui ont appelé pour avoir des billets pour le Cirque du Soleil.



(disgression)

*insérez le logo de la Mutuelle d'Omaha*.

Cette semaine au Royaumme des Animaux, nous vous présentons le Moron Retardataire des Banlieues. Le Moron Retardataire des Banlieues est un animal sauvage vivant majoritairement en banlieue. Il désire obtenir des billets pour un évènement culturel ou sportif dès le moment les médias parlent en long et la large. On peut reconnaitre le Moron Retardataire des Banlieues par cette faculté qu'il possède d'éteindre son cerveau avant de passer un coup de fil, de parler une langue approximative, d'être incapable de prendre un décision par lui-même et d'être impoli. Bien que les billets pour un spectacle ait été en vente six mois plus tôt, il exprime son mécontentement si, deux jours avant le spectacle, il n'a pas de billets dans la première rangée en avant au centre de disponible. Le Moron Retardataire des Banlieues est une espèce en voie d'apparition, ce qui veut dire que l'on peut le voir de plus en plus fréquemment, et il semble impossible de l'exterminer. Il est toutefois possible de le faire fuir en lui montrant un exemplaire d'un livre ou, plus simplement, en disant un mot de plus de deux syllabes. La semaine prochaine au Royaumme des Animaux de la Mutuelle d'Omaha: le Téléphoniste Cinglé du Plateau.

(/digression)



Cela m'a permis de faire deux constatations:

1. Le français fait dur au Québec. Et avant de pointer les-immigrants-qui-veulent-pas-apprendre-le-français, il faudrait peut-être regarder à quel point nous, Québécois, parlons un français qui n'a de français que de nom. Il serait plus appproprié de dire que nous parlons un patois créole où la sythaxe est absente (Ça veut dire quoi, "Cirque du Soleil, deux billets"?) , où les questions ne sont pas posés de manière grammaticalement ("... Le 2 mai?" n'est pas une question en soi) et où l'affirmation négative tient lieu de question ("et vous ne savez les prix, hein"?... d'après toi, espèce de twit? ON EST UNE BILLETERIE!)

Qu'on me comprenne bien: beaucoup de gens au Québec parle un excellent français, mais il y en a encore plus dont le français est déficient. Et je commence à comprendre les Français de niaiser les Québécois à propos de leur langue.

2. Les gens n'ont plus de cerveaux, que des télécommandes dans la tête. Ils posent des questions, et ne laisse pas le temps aux téléphonistes de répondre qu'ils passent déjà à un autre sujet. Exactement comme s'ils zappaient devant leur télévision.

- C'est quoi, le prix des billets?
- 220$, 95$, 85$ et...
- Et c'est quoi, les meilleures places?

Le pire est qu'ils vont reposer des questions plus tard afin d'obtenir des réponses que j'aurais pu fournir s'ils m'avait laissé parler.

Si ces gens sont incapables d'exprimer leurs pensées de manière claire et cohérante pour quelque chose d'aussi simple que de commander des billets de spectacles... qu'est-ce que ça doit être pour le reste?!

samedi 28 avril 2007

C'était Richard Z. Sirois, dans son truck

1. Hier ce déroulait la sortie annuelle des gars du bureau dans une cabane à sucre. À lire le bilan qu'en fait Princesse Sophie, je n'ai rien, mais là rien manqué. Ce qui me conforte dans mon idée de m'abstenir des partys de bureau.

2. J'ai reçu cet appel aujourd'hui. Admirez le mélange d'arrogance, d'inintelligence et de pensée magique qui se dégage des propos de mon interlocuteur, du rarement vu depuis mes débuts comme téléphoniste:

- Je veux des billets dans les rouges pour Gwen Stefani.
- Désolé madame, il n'en reste que dans les blancs.
- J'ai appelé hier et il était disponible. Demande à tes collègues la raison parce que je veux savoir pourquoi.
- Nous les avons vendus hier, madame.
- Mais je comprends pas, là, ils étaient diponibles il y a 24 heures.
- Pensez-vous que vous êtes la seule personne à vouloir des billets pour Gwen Stefani?
- Oui.
- Ah bon, alors vous croyez être la seule fan de Gwen Stefani à Montréal?
- Non.
- Donc, est-ce que vous croyez qu'il y a d'autres fans de Gwen Stefani qui aurait pu acheter des billets?
- Oui.
- Et voilà.


Elle a compris, finalement.

Cet appel ne battra toutefois jamais l'appel de cet énergumène qui avait appelé pour demander de changer la date d'un spectacle parce qu'il travaillait ce soir-là.

3. Au rhytme où vont mes études, je vais battre le record de cette dame.

4. Déménagement demain! Il est donc possible que je sois moins actif dans la toile, tout à coup. À moins que, par un coup de bol incroyable, je squatte de mon domicile une connexion Wi-Fi sans mot de passe.

5. Quiz: de quel émission télé provient le titre de mon blogue?

samedi 21 avril 2007

Six ou sept vérités à propos de la vie

1. Revoir deux filles sur lesquels on a eu le béguin, et ce dans la même journée, et les trouver autant sinon plus cute qu'avant, est une expérience au mieux éprouvante, au pire masochiste.

2A. Les clients qui appellent dans mon centre d'appel par les temps qui courent sont soit des imbéciles profonds, des gens vulgaires, ou des ingrats n'ayant aucune considération envers les services que nous leur rendons. Mais, plus souvent qu'autrement, c'est un mélange des trois.

2B. Une chance que la bière existe pour nous soulager de nos tourments de téléphoniste. Merci Alexander Keiths pour faveur obtenu. Amen.

3. 28 jours avant NYC, 10 jours avant le nouvel appartement.

4. C'est la première journée depuis des lunes où je n'ai pas d'échéancier relié à l'université. Enfin.

5. L'intégral du nouvel album de Missy Higgins est disponible sur sa page MySpace. Première impression à chaud? Cet album torche, mesdames et messieurs. Ça sera probablement dans mon top cinq des meilleurs albums de l'année, rien de moins.

6. 20 avril: première journée en short de l'année. L'été peut commencer.

vendredi 13 avril 2007

Lettre ouverte aux parents qui amènent leur enfant voir des shows de monster truck au Stade Olympique

Chers parents,

Vous êtes nombreux qui amenez vos enfants — et même parfois vos nouveaux-nés (!) — au Stade Olympique afin d'assister à un spectacle de monster truck, ces gros camions qui écrase des voitures et qui tire de lourdes charges. Deux fois par année, ce spectacle attire 40,000 personnes, et, si je me base aux nombreuses commandes de billets que je traite pour le prochain spectacle qui aura lieu samedi le 14 avril, vous constitutez une importante partie de la clientèle présente.

Permettez-moi de vous rappeler, en toute humilité, deux choses.

Premièrement, le Stade Olympique est en béton, un matériel qui fait rebondir le son. Ce qui fait que tous les bruits sourds produits dans le Stade deviennent des échos insupportables. C'est exactement pourquoi les spectacles que vous avez vu au Stade quand vous étiez plus jeune sonnaient le cul.

Deuxièmement, le système d'aération du Stade est douteux, ce qui fait que l'air du Stade Olympique sent, à mon avis, mauvais. Ça peut s'expliquer par le fait que les gestionnaires du Stade ne peuvent pas ouvrir le toit et que le bâtiment ne sert pratiquement jamais.

Ainsi, pourquoi alors amèneriez-vous vos enfants à un spectacle de monster trucks dans ce lieu?

Un monster truck est équipé d'un bruyant moteur de 9.4 litres qui émet 140 décibels, soit autant de bruit qu'un Boeing 737 au décollage. Comme si ce n'était pas assez, les véhicules vont vrombir dans un endroit reconnu pour projeter et amplifier tous les sons en écho.

Ça explique pourquoi mes espions au Stade me rapporte que beaucoup d'enfants en pleurs se plaignent qu'il y a trop de bruit... et ça, c'est avant le spectacle!

Vous imaginez aussi qu'un moteur de 9.4 litres brûle une quantité phénoménale d'essence dans un endroit mal ventilé, ce qui produit une puanteur désagréable dans les corridors du Stade Olympique. S'insiste sur le mot puanteur: ce n'est pas une agréable effluve de pétrole que vous allez sentir, mais une odeur forte. C'est que les monster trucks sont des gros consommateurs de pétrole: si, pour chaque gallon américain d'essence, une voiture familiale de l'année tel que la Chevrolet Malibu peut rouler 34 miles sur une autoroute, un monster truck, lui, peut rouler... 33 verges. 33 verges, en passant, c'est à peine le tiers d'un terrain de football. Ce qui fait qu'un gros camion brûle trois gallons de gaz pour un aller simple entre les deux extrémités du Stade. Ça va sentir le gaz en ta, si vous voulez mon avis.

C'est sans compter que, puisque le Stade est mal ventilé, l'air ambient sera rempli de gaz carbonique et de poussière de terre — l'évènement a lieu sur une piste en terre battue, je le rappelle.

Donc, on résume: samedi, le Stade deviendra un lien enpoussiéré et nauséabond où des camions feront autant de bruit qu'un 737 au décollage.

Êtes-vous toujours aussi sûr de vouloir amener vos enfants au Stade?

lundi 9 avril 2007

L'énigmatique monsieur Tremblay

Qu'on me permette, pour une rare fois, de rédiger un blogue human interest.

J'ai travaillé dans quelques centres d'appel, et j'ai observé que chaque endroit a ses bêtes noires. Ça peut être des malotrus mal élévés, dont une seule conversation avec eux donne le goût de passer un coup de fil à un groupe de recherche en anthropologie, question de leur faire part de notre découverte du chaînon manquant.

Ça peut être aussi des personnes avec des problèmes de solitude. À l'époque où je travaillais dans un centre d'appel de perception de comptes de carte de crédit, il était courant de parler avec des personnes âgés qui, sous aucun prétexte, ne voulaient raccrocher. Je rappelle que je travaillais dans un centre d'appel où nous appelions les gens afin de leur demander des paiements sur leur carte de crédit... et pourtant les gens étaient heureux de recevoir notre appel: enfin, une voix humaine! Non seulement content — et ce n'est pas une figure de style — d'expliquer les plus récents déboires concernant le versement de leurs chèques de pension, ces clients nous racontait leur vie dans le détail, du petit-fils qui entrait à la maternelle jusqu'au plus récent de leurs problèmes médicaux. Ces conversations étaient d'autant plus embêtantes à gérer que nous étions chronométrés pour chacun des appels.

À vrai dire, certains employés préféraient même des appels de psychopathe à ceux de gens seuls.

Ce qui m'amène à l'énigmatique monsieur Tremblay — ce qui, comme vous le devinez sans doute, n'est pas son nom véritable. Je ne suis pas ici pour tirer sur les ambulances, après tout.

Je supçonne ce monsieur Tremblay de souffrir de solitude. Car, depuis les dernières années, monsieur Tremblay appelle très souvent le centre d'appel dans lequel je travaille afin de causer hockey. S'insiste: pour causer hockey, et pour aucune autre raison. Certes, je suis bien prêt à parler des hauts et des bas de Nos Glorieux avec un client alors que je suis dans le processus de compléter une transaction avec ce dernier... mais il est bien là, le problème: monsieur Tremblay n'a jamais effectué un seul achat durant toutes les années où il a appellé.

Nous ne savons pas grand chose de lui, si ce n'est qu'il semble être un hyperactif du téléphone. Il est très connu des employés du Centre Bell pour son insistance à les appeler afin de jaser hockey, et la rumeur veut qu'il soit sur la liste noire de CKAC car il monopolisait les lignes de la station. Et, comme toute personne ayant eu une conversation avec lui peut en témoigner, cette personne — au demeurant inoffensive — ne semble malheureusement pas en pleine possession de ses facultés intellectuelles.

J'estime qu'il doit nous avoir appellé des milliers de fois depuis toutes ces années, à tel point que les employés le connaisse par son prénom. En fait, la hantise d'un employé exemplaire est de voir son nom et son numéro de téléphone apparaître sur l'afficheur. Car recevoir son appel est un no-win situation:

1) On peut entrer dans son jeu: à ce moment, on fait attendre pour rien des gens qui, eux, veulent véritablement acheter des billets;

2) On peut lui expliquer que nous ne sommes pas là pour jaser hockey: cette approche est courtoise, mais vaine, car cela fait des années qu'il appelle en dépit du fait que des dizaines de téléphonistes lui ont expliqué cela de toutes les manières possibles;

3) On lui raccroche la ligne au nez manu militari: efficace, mais d'une impolitesse crasse. Et, de toute façon, il rappelle immédiatement.

C'est dans des cas comme ceux-ci que je me compte chanceux d'être entouré de bonnes personnes et d'avoir toute ma tête... ou presque. Insister pour jaser de hockey à un téléphoniste qui n'est pas là pour ça démontre une grande détresse, à mon plus humble avis.

dimanche 8 avril 2007

La citation du jour

Un monsieur: C'est quoi le spectacle à l'affiche au mois de mai?
Moi: C'est un hommage à Gilbert Bécaud et Charles Aznavour.
Un monsieur: Ah... c'est pas les artistes originaux?!
Moi: Gilbert Bécaud est décédé, monsieur.
Un monsieur: Ah... euh...