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dimanche 10 janvier 2010

Nom de noms!?




Lu du côté de Let It Blog: une liste de prénoms tordus donnés aux enfants du Québec. Dans la liste: Emyl Bélanger, Ithoriel Latulippe Létourneau et autres Leeloo Miousse.

(J'aimerais bien voir leur réactions quand, dans 10 à 20 ans d'ici, ils vont googler leur nom et tomber sur cette page. En direct de 2010, mes excuses. Surtout si vous êtes le directeur des ressources humaines de la compagnie pour laquelle je vais travailler.)

Des parents croient que Sophie, Catherine, Thomas ou Éric sont des noms génériques. Soit. Poussent-ils le bouchon avec des prénoms déformés ou hors du commun? On le saura dans quelques dizaines d'années. Dans les années 50, nommer sa fille Laetitia était rebelle - du moins, au Québec. Rien de plus commun en 2010. D'un autre côté, Frank Zappa a nommé ses enfants Ahmet, Dweezil et Moon Unit. En connaissez-vous beaucoup dans votre entourage? C'est ça que je me dit.

Toutefois, le nom choisi risque de demeurer, justement, unique. Et Dieu sait que les autres enfants n'hésitent pas à niaiser la différence dans la cour d'école. Soucieux du bien-être de votre futur enfant, je me permet donc de vous donner des conseils pour qu'il puisse avoir un nom original sans trop subir de moqueries:

A) La stratégie conservatrice: dans le registre de l'État civil, enregistrez deux ou trois prénoms légaux à votre enfant; entraînez votre enfant à utiliser le premier prénom en public et le nom complet à la maison. Mine de rien, Luce Tremblay passe mieux dans une cour d'école que Luce Papillon Cosmique Tremblay. Assurez-vous toutefois de choisir un prénom commun pour maximiser l'effet de cette approche... n'est-ce pas, monsieur Obi-Wan Lalancette?

B) Simphiwe Nongqayi, Denkaosan Kaovichit et Vitali Klitschko ne se sont jamais fait écoeuré à cause de leurs noms. Ils sont aussi des boxeurs champion du monde. Coïncidence? Non. Faites suivre des cours de boxe à vos enfants, et il deviendra non seulement une terreur de cour d'école qui inspirera le respect, mais aussi un champion de boxe. Ou, si vous êtes trop pauvre pour payer des cours, nommez votre enfant Simphiwe Nongqayi, Denkaosan Kaovichit ou Vitali Klitschko. Les autres enfants vont tellement rire du vôtre qu'ils n'auront même plus l'énergie de leur foutre des baffes.

C) Plus radical: nommer votre enfant Chuck Norris. Personne n'osera l'écoeurer. Personne.

D) Vous vous impliquez dans le conseil d'établissement de votre école? Profitez-en. Disons que vous voulez nommer votre enfant Herménégilde-Comète. C'est votre droit, mais, perso, si j'étais un candidat opposé à vous lors d'un élection scolaire et que j'apprendrai ça, je lancerais une rumeur comme quoi vous consommez de la drogue et que vous cachez une serre hydroponique dans votre sous-sol. Vous voulez nommer votre enfant Herménégilde-Comète, donc; proposez un règlement qui interdit aux élèves d'insulter les enfants nommés Herménégilde-Comète, sous peine de devoir tondre le gazon ou passer la souffleuse chez le directeur du conseil d'établissement. (Coïncidence: vous êtes le directeur du conseil d'établissement.) Tous ce qui vous reste à faire est de rester à la tête du conseil pour encore quelques années - tout en niant les rumeurs selon lesquelles vous consommez de la drogue et que vous cachez une serre hydroponique dans votre sous-sol - et faire fréquenter cette école à votre enfant. Votre marmot va souffrir beaucoup... mais quel plaisir de ne plus se faire chier avec des jobs plates!


Voilà, c'était le message d'intérêt public de la semaine. Pour laisser vos commentaires, prière de vous adresser à Guy Guay - aussi connu sous le nom de Guy Power Pichenotte Guay.

dimanche 27 septembre 2009

Les vies les plus tristes sont celles qui se terminent par des points de suspension

Je n'ai jamais connu Nelly Arcan autrement qu'à travers Putain et quelques-unes de ses chroniques dans Ici Montréal.

La nouvelle de son suicide m'a pourtant bouleversé. Comment se fait-il qu'une femme belle et intelligente dans la fleur de l'âge, vivant de sa plume et reconnue des deux côtés de l'Atlantique, en vienne à commettre l'irréparable?

La dernière fois qu'une mort m'a autant touché est lors d'un autre suicide, celui de Dédé Fortin. Dans les deux cas, une dualité de l'identité. Dans les deux cas, une obsession pour la mort. Dans les deux cas, la frustration de voir des vies et des oeuvres se terminer par des points de suspension. Ils avaient encore des choses à dire, et ces choses ne seront jamais dite.

Je préfère laisser aux proches de Nelly Arcan la tâche un faire un portrait d'une femme aussi complexe que sensible. Ce que je semble comprendre est que Nelly Arcan vivait une intense douleur. Des plaies ouvertes, des blessures mal pensés. Sa souffrance était si profonde qu'elle a choisi de commettre le plus violent des actes de désespoir.

Toutes mes condoléances aux proches et à la famille.

jeudi 29 novembre 2007

Elvis Gratton is alive and kicking

Je travaille depuis près de six ans dans des centres d'appels, et une des mes observations est que, peu importe le centre d'appel, les immigrants de deuxième génération y sont surreprésentés par rapport à leur poids démographique dans le Québec. Plusieurs raisons expliquent cet état de fait: les centres d'appels sont en majorité basés à Montréal; les immigrants de deuxième génération parlent généralement trois langues; plus platement, ils sont réduits à ce genre d'emploi puisque leur compétence dans leur domaine d'études ne sont pas encore reconnus.

On ne se surprendra alors pas d'apprendre que l'actuel centre d'appel pour lequel je travaille est une mosaïque culturelle qui ferait pleurer de joie n'importe quel tenant du multiculturalisme canadian: tous les coins du monde y sont représentés — ou presque, car, hélas, je n'ai pas encore de collègue de travail suédoise de 21 ans, blonde aux yeux bleus —et tous et chacun cohabitent dans l'harmonie.

À vrai dire, je suis l'un des rares Québécois de souche à travailler dans ce centre d'appel. C'est ainsi que les clients québécois de souche, probablement soulagés d'entendre un des leurs avec un gros accent de Montréal, croient avoir une oreille à leur écoute.

Et c'est là que ça fait peur. Parce que ces Elvis Gratton croient avoir affaire à quelqu'un comme eux, ils se permettent de cracher tout le mépris qu'ils ont envers mes collègues de travail qui ont le malheur de parler français avec un accent différent de celui du Québécois moyen.... et, croyez-moi, ce n'est pas beau ni à entendre, ni à répéter.

(C'est dans ces circonstances que j'ai le goût de transférer l'appel à une collègue de travail, qui a une voix tout ce qu'il y a de québécois... mais qui est en fait une Tunisienne qui porte le hijab. Mouhahahaha...)

Étrangement, c'est le premier centre d'appel où je sens autant de hargne des clients envers les immigrants de deuxième génération. Certes, il y avait toujours des WASP un peu trop pincés qui grognait contre des téléphonistes québécois qui avaient le malheur de parler anglais avec un accent trop près de celui de Stéphane Dion, mais jamais de Québécois se plaindre qu'un téléphoniste avait un accent pas assez québécois.

Étrangement, les derniers quarts de travail de téléphoniste de mon ancien emploi étaient en mai, et j'ai pris les premiers appels de mon nouvel emploi en octobre. Serait-ce que, cet été, tout le délire cosmique autour des accommodements raisonnables et de la Commission Bouchard-Taylor qui a réveillé le Elvis Gratton intérieur du Québécois moyen? À moins que ce soit moi qui me fasse des idées?

lundi 29 octobre 2007

Mes Aïeux, ou le triomphe du misérabilisme adéquiste

J'ai souvent lu que la chanson québécoise est engagée. Pour être engagée, elle l'est certes — je pense à des groupes tels que Loco Locass ou aux Vulgaires Machins.

Mais être engagé veut-il dire, comme on le pense souvent, être de gauche? Pas nécéssairement. J'en veux pour preuve la chanson Dégénérations, chanson du groupe Mes Aïeux qui a remporté le prix du Félix de la meilleure chanson de l'année.

Ce que dit cette chanson est que le progrès a entraîné une perte des valeurs; que, face à l'attitude des baby-boomers, le salut de la jeune génération se trouve dans le retour à des points de repère d'un temps révolu: la vie rurale, la famille nombreuse, la volonté de vivre selon nos moyens. En bref, cette chanson reprend en tout point le discours de l'ADQ.

J'en veux pour exemple les deux premiers couplets de la chanson. Voici de quel manière on pourrait structurer l'argumentation de la chanson:

A) Présentation d'une situation vécu où tout le monde est beau et gentil: Ton arrière-arrière-grand-père, il a défriché la terre/ Ton arrière-grand-père, il a labouré la terre/ Et pis ton grand père a rentabilisé la terre...

B) Présentation de l'attitude du gros méchant baby-boomer pourri: Pis ton père il l'a vendu pour devenir fonctionnaire...

C) Présentation de la situation misérable de la génération actuelle: Et pis toé, mon p'tit gars, tu sais plus ce que tu vas faire / Dans ton p'tit trois-et-demi, ben trop cher, frette en hiver...

D) Présentation des aspirations de la génération actuelle, qui constitue un retour vers le point A: Il te vient des envies de devenir propriétaire / Et tu rêves la nuit d'avoir ton petit lopin de terre.

Morale de l'histoire: si ça va mal pour les jeunes, c'est à cause des baby-boomers — entendu en sous-texte par le biais du personne du baby-boomer fonctionnaire: la Révolution Tranquille, l'État québécois moderne — et il faut casser leur héritage malsain pour revenir à une époque où tout était plus beau. Autrement dit: heille, on était-tu ben dans l'bon vieux temps!?

Si ce n'est pas un condensé du discours populiste de l'ADQ, je me demande ce que c'est.

Il y a une différence entre reconnaître les excès du progrès et le nier en bloc. Mes Aïeux préfère la deuxième option; elle préfère promouvoir la nostalgie d'une époque qu'aucun membre du groupe n'a connu, une époque pas mal moins idyllique que les membres du groupe le pensent. Nos arrières-grand-pères ne terminaient pas leur secondaire alors qu'il est courant pour les membres de ma génération de fréquenter l'université; nos arrière-grand-pères pouvaient mourir de maladie aujourd'hui éradiqué tel que la variole ou la polio; nos arrières-grands-pères négligeaient leur santé puisque, contrairement à aujourd'hui, ils ne pouvaient pas se permettent de se payer un médecin; nos arrières-grands-pères habitaient des maisons insalubres à Ville Jacques-Cartier ou dans le Faubourg à M'lasse alors que n'importe quel étudiant fauché peut aujourd'hui trouver sur le marché montréalais des appartements salubres pour un prix décent; nos arrières-grands-pères devaient s'exiler en Nouvelle-Angleterre afin de trouver de l'emploi, alors qu'aujourd'hui le marché de l'emploi au Québec n'a jamais été aussi effervescent et dynamique.

Si quelqu'un veut entendre une chanson sur la misère, je lui ferai entendre la chanson de Claude Dubois, J'ai souvenir encore. Une chanson juste, sans larmoiement, sans misérabilisme, sans démagogie, avec un soupçon de dignité. Bref, tout ce que Mes Aïeux n'arrive pas à faire avec Dégénérations.

mercredi 5 septembre 2007

Réflexions sur Cédrika

Patrick Lagacé m'apprend que le Cédrika Show se poursuit de plus belle. Et, comme il se doit, il dérape complètement — le Cédrika Show, pas Patrick Lagacé.

Pas moyen d'ouvrir la télé ou de lire le journal sans entendre ou lire un journaliste qui essaie tant bien que mal de faire de la contorsion intellectuelle afin de réinventer une manière de parler de vous-savez-qui. Tous les commerçants ont des affiches de vous-savez-qui. La rentrée sans vous-savez-qui. Claude Poirier va dans une cabine téléphonique, déchire sa chemise et devient Le Négociateur afin de sauver vous-savez-qui. On aurait vu vous-savez-qui dans une vieille camionnette. Et maintenant, LCN interviewe des voyantes afin d'en apprendre davantage sur vous-savez-qui.

N'importe quoi.

Le problème est qu'il y a une interaction entre les médias et les fêlés de ce bas monde. Les médias mettent du vous-savez-qui mur-à-mur, ce qui alimente les fantasmes des mythomanes qui affirment avoir vu vous-savez-qui, ce qui amène les médias à interviewer les mythomanes qui affirment avoir vu vous-savez-qui, ce qui inspire d'autre désaxés qui affirment eux aussi avoir vu vous-savez-qui au même endroit, ce qui alimentent les médias en propos, et ce qui amène la population dans un délire paranoïaque, qui inspire les médias à parler encore plus de vous-savez-qui... et ainsi de suite.

Et cette boucle infinie délirante se suffit à elle-même, jusqu'au moment où l'on retrouvera vous-savez-qui.

Que l'on retrouve vous-savez-qui. Morte ou vivante, m'en fout. Que l'on la retrouve pour faire cesser ce tapage médiatique qui est en train d'enfoncer le Québec dans un délire collectif encore plus profond qu'il ne l'est déjà.

* * *

Vous imaginez-vous si on retrouverai vous-savez-qui morte et que son ravisseur était un Arabe, un Juif et/ou un Noir? Ça pincerai les deux cordes sensibles du Québec de 2007: les-méchants-immigrants (sic) et vous-savez-qui.

Il y a deux personnes au Québec qui rêvent d'un pareil scénario: Pierre-Karl Péladeau et Mario Dumont. Le premier pour vendre encore plus de copie et encore plus de temps d'antenne; le second, à l'image des Républicains qui admettent rêver d'un autre attentat en sol américain, question de mobiliser les Américains derrière le programme politique républicain, afin de promouvoir son discours haineux, de gagner des votes et de prendre le pouvoir.

* * *

C'est quoi ce délire cosmique, anciens collègues? Pendant que vous traquez vous-savez-qui, le Canada se prépare à devenir la poubelle nucléaire du monde, et il y a un silence radio. Pas de débat, peu de nouvelles, aucun souci d'éveiller la conscience des citoyens à ce problème qui, pendant ce temps en Australie, divise la population depuis au moins un an et qui embarrasse à ce point le gouvernement conservateur de John Howard qu'il pourrait perdre la prochaine élection sur cette question.

On me dira que cette nouvelle ne fait pas lever l'audimat. Mais qui a dit que les journaux télévisés devraient faire lever l'audimat? Traitez-moi de gauchiste qui sent le patchouli si ça vous chante, mais j'ai toujours crû que les vecteurs d'informations doivent, par essence, distiller l'ennui. Pas trop, mais juste assez pour ne pas avoir l'idée de regarder les nouvelles ou de lire un journal simplement pour se divertir. Si quelqu'un veut simplement se divertir, il pourra toujours regarder Virginie.

Et j'ai l'impression que c'est ça, vous-savez-qui: du Virginie, mais en vrai, monté de manière à divertir.

* * *

Puisque les médias n'ont pas grand chose à dire l'été, ils meublent l'espace public de sujets qui sont invariablement les mêmes à chaque année. Les déménagements du 1er juillet. Les vacances de la construction. L'attente aux douanes canadiennes.

À chaque été, il y a un enfant disparu qui retient l'attention — comme s'il n'y en avait qu'un seul.

Hier, une ballade en métro m'a permis de voir l'affiche d'une ado portée disparue. Ça doit bien être la première fois depuis deux mois qu'une affiche d'enfant recherché n'était pas pour retrouver vous-savez-qui.

Cet été, combien d'ados et d'enfants ont disparu dans le silence média le plus total?

C'est à leurs parents que je pense en ce moment.

mercredi 22 août 2007

Vidéotron VI: vol extrême

Lorsque mon colocataire et moi avons aménagé dans notre nouvel appartement, nous avons convenu de nous doter une connexion Internet haute vitesse Extrême. Puisque ce forfait n'avait aucune de limite de téléchargement, nous pouvions télécharger des émissions de télés sans nous inquiéter de dépasser la limite de téléchargement.

Mais voilà que la semaine dernière, mes amis (ahem...) de Vidéotron m'envoient cette lettre des plus paternalistes. En bref, Vidéotron a décidé, soudainement, de limiter ce forfait à une limite de téléchargement combiné de 100 gigaoctets en aval et en amont. Et, visiblement, je ne suis pas la seule personne insatisfaite de ce changement, comme le prouve ce recours collectif de l'Union des Consommateurs.

Après avoir magasiné, j'ai trouvé un forfait similaire ailleurs: puisque mon coloc est étudiant à l'UQAM, mon prochain fournisseur d'accès Internet sera Internet UQAM. Ce fournisseur est deux fois moins cher et offre toujours, selon leur site Web, une capacité de téléchargement illimité. Si, en principe, avec sa vitesse de transfert de 3 Mbit/s, Internet UQAM est plus lent que les 10 Mbits/s d'Internet haute vitesse Extrême de Vidéotron, il reste que, pour avoir navigué à l'aide des deux fournisseurs d'accès, je peux vous assurer que la différence de vitesse est, dans les faits, nulle.

Ainsi, j'ai contacté Vidéotron ce matin afin de demander un débranchement sans pénalité. C'est d'autant plus possible que le contrat de Vidéotron stipule que:

3.9 Modifications - Vidéotron pourra, sur préavis d'au moins trente (30) jours au client transmis par courrier électronique à son adresse de messagerie Vidéotron ou transmis par la poste au client, modifier les Services ou toute autre disposition de la présente convention y compris les frais et tarifs stipulés au paragraphe 3.1. Aucun préavis ne sera toutefois requis à l'égard d'une modification des Services lorsque les prestations de Vidéotron en regard de ceux-ci demeurent semblables et qu'elles n'ont aucune conséquence sur les frais payables par le client. En acquittant le relevé de compte qui accompagne tout avis de modification de la présente convention, le client est irrévocablement présumé avoir accepté la modification. Le client pourra par contre, à l'intérieur du délai de trente (30) jours, résilier la présente entente ou en demander la modification de la manière prévue au paragraphe 11.4 ci-après, à défaut de quoi il sera irrévocablement présumé avoir accepté les modifications visées par l'avis.


Si vous êtes un fidèle de ce blogue, vous vous doutez bien de la suite... non?

- Je désire annuler mon abonnement à l'Internet.
- Puis-je savoir la raison?
- À votre avis?


Réplique un peu baveuse, j'en conviens. Mon expérience avec Vidéotron veut toutefois que j'adopte cette attitude, sinon on vous dit n'importe quoi et on vous pile dessus.

- Euh... la nouvelle limite de bande passante.
- Exactement.
- Mais vous savez toutefois que puisque vous avez un contrat avec nous vous devez payer des pénalités de 120$.


Sûr?

- Quel article dans le contrat de Vidéotron stipule que je dois payer une pénalité?
- Ben... c'est écrit dans le contrat.
- C'est aussi écrit ceci dans le contrat...


Je lui lis l'article ci-haut mentionné. Et il me sort ce commentaire qui m'a estomaqué:

- Ben, OK, c'est correct, il faut que le client le demande pour ne pas payer les pénalités.
- Est-ce à dire que si je n'avais pas demandé vous m'auriez facturé 120$?
- Oui.


C'est maintenant prouvé: Vidéotron ferait n'importe quoi pour faire la piastre, y compris contourner ses propres réglements.

Si je n'avais pas insisté et/ou pas été au courant de mes droits, j'aurais eu une belle facture de 120$ pour une action qui était, dans les faits, sans frais.

Combien de clients seront floués de la sorte par Vidéotron? Et, connaissant la fâcheuse habitude de Vidéotron de classer les plaintes dans la filière 13, combien on parie que les plaintes à ce sujet ne seront pas considéré par Vidéotron?

vendredi 27 juillet 2007

Le tire à l'air, la tendance mode été 2007 masculine?

Je pensais avoir tout vu avec cette mode des tops féminins qui révélait le bas-ventre de ces demoiselles.

C'est pourtant bel et bien dépassé, mesdames et messieurs.

En terme de découvrement de ventre, la nouvelle innovation vient de la gente masculine, dont un nombre remarquable de membre ne semble plus complexé à exposer l'intégralité de ses formes frontales aux quidams. Et il est inutile de se présenter à la piscine du quartier ou dans un bar de danseurs du Village pour voir des hommes torses nus. Dorénavent, la bédaine s'expose dans la rue, à la vue de tous.

Depuis le début de l'été, j'ai vu au moins une vingtaine de gars désenbuler dans l'espace public sans chandails. Et ce, peu importe si le spécimen masculin est sculpté comme une statue grecque ou le bonhomme Michelin. Ça donne des scènes grotesques dignes de films de John Waters où des vieux obèses d'au moins 350 livres se promènent dans la rue, seins à l'air, avec de la graisse qui pendouille à tout vent.

Oui, c'est déjà donner trop de détails que de le décrire par écrit, imaginez le voir au détour d'une rue alors que l'on ne s'y attend pas.

Remarquez, c'est aussi grossier que de voir Monsieur Abdominaux sans chandail dans la rue. Comme si ses apprentis culturistes voulaient montrer au reste du monde comment ils sont beaux et comment ils s'aiment.

C'est la première fois que je vois autant de mâles topless. J'ai pourtant vécu dans des quartiers plus glauques, où rencontrer de pareils spécimens était plus prévisible, mais je n'en jamais autant vu que dans Petite-Patrie cet été.

Et vous, quel est l'état des lieux dans votre quartier? Est-ce que c'est moi qui fabule ou c'est bel et bien une mode qui prend d'assaut le Québec?

mardi 24 juillet 2007

Viaducs et algues bleues

Avez-vous peur du virus du Nil?

Non?

C'était pourtant la grande peur de la population au début des années 2000. Le gouvernement du Québec avait fait des grandes campagnes de sensibilisation à ce sujet et les médias en parlait mur-à-mur et à toutes les sauces, dépeignant le virus comme LA menace ultime.

Pourtant, à son apogée en 2002, le virus avait fait... trois morts!

Tout ça pour trois morts?! Eh oui. Pourtant, les médias alertaient la population comme si c'était une menace qui pouvait frapper à tout moment, au coin de la rue, dans la cour d'école, dans les lieux publics... et où sais-je encore.

Cette réflexion m'est venu à l'esprit aujourd'hui car à en croire les journaux, les Québécois ont peur des viaducs et les algues bleues. À ce sujet, je vous invite à lire le brillant billet de Steve Proulx à ce sujet.

La première leçon des cours de communication politique est qu'il s'agit de parler d'un sujet pendant des semaines dans les médias pour que l'opinion publique se mobilise sur le sujet.

Est-ce que les Québécois ont peur? Je dirai plutôt qu'ils sont exploités par des médias en manque de cotes d'écoutes dans leurs craintes les plus profondes, celle de mourir ou de tomber gravement malade... même s'il est possible d'éviter le contact avec les algues bleues en ne se baignant pas, et que l'on a plus de chance de gagner le gros lot du 6/49 plutôt que de mourir suite à l'effondrement d'un viaduc!

Ce n'est certes pas une raison pour ne rien faire pour combattre l'algue bleu et améliorer l'état des viaducs, mais est-ce que c'est possible que les médias québécois, encore une fois, s'énervent pour rien? Avant-hier, c'était le virus du Nil. Hier, c'était les soi-disants accomodements raisonnables. Aujourd'hui, ce sont les viaducs et les algues bleues... et dans quelques mois d'ici, ça sera un autre sujet dont nous nous contrefoutons collectivement en ce mois de juillet 2007.

Si l'on veut se conter des histoires de peur, pourquoi ne pas plutôt parler dans le détail des objectifs de la mission canadienne en Afghanistan? Parce que les soldats québécois à Kandahar ont pas mal plus de chance de mourir que le québécois moyen qui roule sur un viaduc, si vous voulez mon avis...

mardi 17 juillet 2007

UQAM, Dianétique et patrimoine culturel



Je ne sais pas quelle expression utiliser pour décrire cette décision de l'UQAM de vendre l'édifice La Patrie à la Scientologie, tel que l'affirme La Presse ce matin. Décision douteuse? Décision mercantiliste? Je ne crois pas qu'il existe un mot dans la langue française pour exprimer avec justesse le manque de jugement des administrateurs de l'UQAM.

En dépit du fait que l'édifice du journal La Patrie est un édifice d'une grande valeur architecturale, il peut être défendable que l'UQAM se départisse du gratte-ciel — après tout, l'UQAM a un déficit à éponger. Il est toutefois à noter que l'UQAM manque cruellement de locaux, et pourtant elle vend un joyau culturel tout près de son campus pour 4,25 millions de dollars, une somme qui ne couvrira qu'un infime fraction de son déficit anticipé de 147 millions.

De plus, elle le vend à un groupe des plus controversés — pour s'en convaincre, lire ceci, ceci, ceci et ceci. Qu'une institution telle que l'UQAM donne une vitrine inespérée en plein centre-ville à ce que des États comme la France ou l'Allemagne considèrent comme une secte dangeureuse me laisse bien perplexe.

L'article cite Nathalie Benoît, directrice de la promotion au service des communications de l'UQAM: «La question était d'avoir le meilleur prix possible et ce prix était très élevé dans la fourchette d'évaluation». Il est dommage que l'UQAM se vend ainsi au plus offrant, sans considération morale. Il me semble pourtant que c'est le rôle même de l'université d'être un modèle d'éthique. Des universités américaines et canadiennes cessent d'investir dans les compagnies de tabac ou refusent de donner des contrats à des compagnies de textiles qui opèrent des sweatshops. Il me semble que l'UQAM devrait s'inspirer de cette politique, quitte à accepter des offres moindres — car, je le rappelle, l'université reçoit un montant de 4,25 millions pour éponger un déficit de 147 millions, et ce n'est pas un ou deux millions de moins qui feront une différence notable.

Le ministre de la Culture doit mettre un holà à cette transaction, ne serait-ce que parce qu'il vaut mieux laisser le bâtiment dans les mains d'un organisme public et lui donner un budget ciblé afin de compléter les rénovations nécéssaires afin de préserver cet édifice intact. Considérant le peu de cas que fait parfois la Scientologie envers la loi, il est à craidre qu'elle défigure cet édifice et que le gouvernement, devant le fait accompli, ne capitule, comme il le fait lorsqu'un promoteur sans scrupule détruit une partie du Mont-Royal pour construire des condos.

jeudi 12 juillet 2007

Ah ha!

À propos du régime d'assurance-maladie, La Presse — oui, oui, La Presse de Power Corporation / Great-West, alors on ne peut pas les taxer d'être des communistes — titre Le régime aurait la santé pour absorber le choc du vieillissement.

Citation:

M. Béland conteste les méthodes de calcul employées par le ministère des Finances du Québec. Dans un récent document, le Ministère indique que les dépenses gouvernementales consacrées aux soins de santé ont fortement augmenté, passant de 33% à 38% en 10 ans. Cette affirmation est trompeuse, estime le chercheur.

Elle laisse croire que c'est le régime d'assurance maladie, garantissant un accès gratuit aux hôpitaux et aux médecins, qui coûte de plus en plus cher. C'est faux, rétorque M. Béland. Ce qui coûte de plus en plus cher, ce sont justement les activités qui ne sont pas payées seulement par le gouvernement, mais aussi par les gens et les compagnies d'assurance privée, comme les médicaments.

«Comment peut-on prétendre que le gouvernement dépenserait moins en faisant une plus grande place au privé? a demandé M. Béland au cours d'un entretien. C'est dans le secteur de la santé où le privé est déjà très présent que les dépenses gouvernementales augmentent. Proportionnellement aux recettes de l'État, les dépenses pour les médecins et les hôpitaux, où le privé est presque totalement absent, n'augmentent pas.»


Alors, on le répète pour le bénéfice des (autoproclamés) lucides et de l'Institut Économique de Montréal: Le régime aurait la santé pour absorber le choc du vieillissement. "Ce qui coûte de plus en plus cher, ce sont justement les activités qui ne sont pas payées seulement par le gouvernement, mais aussi par les gens et les compagnies d'assurance privée, comme les médicaments."

Ce n'est pas une raison pour ne rien changer au système, mais ce n'est pas non plus une raison d'introduire à tout prix, et sous de faux prétexte, l'entreprise privée dans la gestion du système de santé.

vendredi 6 juillet 2007

Un mot sur le Live Earth

Le Live Earth a un avantage: sur les chaînes conventionelles, il permet de voir des prestations uniques d'artistes plutôt que des infopubs.

Pour le reste, est-ce que je suis le seul à trouver tordu à ce que l'on tienne un concert pour culpabiliser la population à propos de l'environnement alors que les pouvoirs publics laissent les industries et les usines des quatre coins de monde transformer la Terre en soue à cochons? Dernier exemple en lice: en Chine, la pollution fait 750,000 morts par année et les pouvoirs publics ne semblent vouloir rien faire pour faire respecter l'environnement. Pas un seul état occidental n'ose toutefois lever le petit doigt pour sanctionner le bilan environnemental de la Chine.

Le problème de l'environnement n'est pas dû au manque de volonté de la population mais à l'absence de volonté de la part des politiciens au pouvoir. Monsieur Gore, est-ce que c'est possible de séquestrer tous les politiciens influents de la Terre durant 24 heures et de bien leur laver le cerveau? Il me semble que ça serait plus efficace qu'un grand Woodstock environnemental... non?

mardi 3 juillet 2007

Vidéotron V: plus besoin de présentation

La tempête Cinoche78 s'est abattu ce matin au service à la clientèle de chez Vidéotron avec une force qui ferait passer l'ouragan Katrina pour une brise d'été inoffensive.

Mes comptes sont à jour... mais qu'est-ce qu'il a fallu que je lève le ton pour faire valoir mon point! Encore une fois, une dame du service à la clientèle m'a prouvé que dire n'importe quoi est la norme chez Vidéotron:

- Vous avez payé en retard il y a quatre à cinq mois.
- Vous êtes sûre?
- Oui.
- Madame, mon abonnement a débuté il y a deux mois.


Un technicien doit, en principe, et j'insiste, en principe, passer chez moi demain. Dans le coin gauche, in the left corner, on a St-Jude, le patron des causes désespérés; dans le coin droit, in the right corner, on a Vidéotron, une compagnie qui réinvente des moyens d'emmerder l'Humanité.

Je donne la victoire à Vidéotron par KO technique dans les trois premières secondes du premier round.


EDIT: Note à l'internaute qui est arrivé dans mon blogue en tapant question posée en entrevue videotron: voici en exclusivité la seule question posé en entrevue: Êtes-vous un débile profond? Si vous répondez oui, vous avez la job.

lundi 2 juillet 2007

Vidéotron IV. Là où le service à la clientèle est si frustrant qu'il peut même transformer un moine bouddhiste en clone de Jeff Fillion

Vous ne pensiez tout de même pas que mes déboires avec Vidéotron allaient se régler... non?

Je récapitule l'épisode précédent: un de mes colocs veut le câble télé dans sa chambre. Il a la mauvaise idée de détourner la prise. Je dois appeler un technicien pour régler le problème. Le technicien répare le problème, mais refuse d'installer une nouvelle prise. Je dois appeler Vidéotron pour qu'il vienne installer une nouvelle prise. Comme dirait RBO: c'est là qu'on est rendu...

Comme prévu, un technicien de Vidéotron passe mercredi et installe une prise et un diviseur. J'allume la télé de mon coloc afin de savoir si tout fonctionnait. La réception est parfaite... mais, contrairement à ce que l'on m'avait expliqué par téléphone, certains postes étaient manquants. Le technicien me dit de simplement appeler le service à la clientèle pour qu'il augmente la qualité du signal. Je trouve cette réponse étrange, mais bon, c'est le technicien, il sait de quoi il parle, non?

J'avais oublié que ce n'était pas un technicien ordinaire... c'est un technicien Vidéotron. Donc, les chances sont élevés qu'il ne connaisse pas grand chose.

J'appelle donc le service technique. Problème: le technicien aurait dû savoir qu'en fait, la solution à mon problème est qu'un technicien doit se rendre dans le poteau de téléphone où passe ma connexion afin d'enlever un filtre de canaux. Alors le service technique m'offre d'envoyer un technicien qui va grimper dans ledit poteau.

Je reviens chez moi ce soir, et je constate que je ne reçois toujours pas les canaux désirés. J'appelle Vidétron afin de savoir de quoi il est retourne. Eh bien... Vidéotron n'a rien fait! Et vous savez pourquoi?

- Le technicien n'a pas eu de réponse lorsqu'il a appelé chez vous.
- Mais jamais on ne m'a dit que je devais être chez moi! De toute façon, que vouliez-vous qu'il fasse chez moi, on m'avait dit qu'il devait enlever un filtre dans une boîte à l'extérieur de mon appartement?


Après vérification, le préposé admet l'erreur de Vidéotron; le technicien n'avait qu'à enlever le filtre et ne je ne devais être aucunement présent. Le préposé offre de m'envoyer un autre technicien, mais il ajoute ceci:

- Je ne pourrais pas envoyer de technicien pour enlever le filtre, vous avez un retard de paiement dans votre dossier.


Pardon?! J'ai beau ne pas rouler sur l'or, mais mes comptes ont toujours été payé rubis sur ongles. Mes comptes sont à jour, preuve à l'appui!

Donc, je dois appeler le service à la clientèle pour régler ce faux problème, puis ensuite appeler le service technique afin qu'un technicien vienne faire correctement le travail que le précédent technicien n'a pas daigné faire.

Je cherche l'expression pour décrire le mieux les employés de Vidéotron. J'hésite entre bande d'enfoirés ou bande de chiens galeux. Des suggestions?

dimanche 24 juin 2007

Prends Bratwaite, y'é parfât


Est-ce qu'il n'y a que moi et Marie-Louise Arsenault — allez lire son excellente chronique à ce sujet dans l'édition courante de Ici Montréal — pour se désoler du manque de créativité des organisateurs de la fête de la Saint-Jean-Baptiste? Que cela fait au moins dix ans qu'on nous ressert le même calvaire de concert montréalais de la Saint-Jean-Baptiste composé de Normand Bratwaite à l'animation, de son groupe de musicien médiatiquement surexposé et de chanteurs québécois qui reprennent des chansons de l'heure médiocres ou des reprises de classiques à la sauce du jour?

Il me semble qu'un peu d'air frais serait le bienvenue pour revitaliser cette fête nationale qui me semble de plus en plus dangeureusement pépère. Il me semble que nous fêtons encore le Québec comme le fêtions en 1997: de manière conservatrice et consensuelle, et ce afin de cicatriser les plaies du référendum.

La société a progressé depuis. Il n'y aurait pas moyen de faire quelque chose de différent? De plus moderne? Confier la réalisation du spectacle de la Fête Nationale à l'une des nombreuses troupes de cirques que compte le Québec? Ou sinon, à l'image de 1x5, monter un spectacle qui tourne autour de quelques chanteurs triés sur le volet? Ou, au gros strict minimal, changer d'animateur?

vendredi 22 juin 2007

Bleue... et canadian!


La récupération du nationalisme en publicité m'a toujours répugné. Que des multinationales mandatent des agences pour concevoir des belles campagnes de publicités racoleuses pour affirmer à quel point les Québécois sont beaux et bons, et ce afin de réduire nos aspirations collectives à une marque de commerce, relève, à tout le moins, d'une insulte à l'intelligence.

Cela fait au moins trois ans que Labatt veut associer la Labatt Bleue avec le nationalisme québécois. Le raisonnement derrière les publicités de Labatt Bleue est que cette bière a une étiquette bleue, tout comme le drapeau du Québec, ce qui fait de cette bière est la bière de choix des Québécois.

Or, s'il y a bien une bière qui est canadian mur-à-mur, c'est bien... la Labatt Bleue!

Dans le site promotionnel destiné au marché canadien, Labatt présente la Bleue de la façon suivante:

Althought originally introduced in Ontario in 1951, Labatt Pilsener Lager wasn't available in Manitoba until much later in the decade. It was 1956, the height of Winnipeg Blue Bombers mania, and Manitobans got their first taste of cold, crisp Laball Pilsener Lager. With its distinct and refreshing taste and characterictic blue label, Winnipeg football fans quickly adopted the beer as their own, nicknaming it "Blue". The name stuck - the Blue Bombers went to win back-to-back Grey Cup finals in 1958 and 1959, and the renamed Labatt Blue eventually became the best-selling Canadian beer in the world.

(Traduction libre: Même si elle fût vendue en Ontario dès 1951, la Labatt Pilsener Lager ne fût pas disponible immédiatement au Manitoba. C'est à partir de 1956, année où les Blue Bombers de Winnipeg suscitaient un engouement populaire, que les Manitobains eurent l'occasion de déguster pour la première fois la Labatt Pilsener Lager. Son goût distinct et rafraîchissant ainsi que son étiquette bleue firent en sorte que les fans de Blue Bombers ont rapidement adopté cette bière, qu'ils ont surnommé La Bleue. Le nom est resté, les Blue Bombers ont remporté deux Coupe Grey consécutives en 1958 et 1959, et la Labatt Bleue est devenu la bière canadienne la plus vendue dans le monde.)


La bière est donc nommé en l'honneur d'une équipe de football canadien située dans l'Ouest du pays. Rien à voir, donc, avec la couleur du drapeau du Québec ou le nationalisme québécois... bien au contraire!

Comme de fait, rien de cela n'est mentionné dans le site promotionnel en français. Labatt préfère plutôt axer sa promotion sur le fait que la bière est fière d'être Bleue. Si, effectivement, cette bière est fière d'être bleue, elle ne l'est pas pour les mêmes raisons que le québécois moyen le croit.

Le comble est que l'internaute francophone va trouver l'information sur les origines du nom Labatt Bleue dans le site corporatif de Labatt, où l'on peut lire, et je cite: Lancée en 1951 sous le nom Labatt Pilsener, elle a été baptisée (sic) pour (sic) la couleur de son étiquette par les partisans de l'équipe de football, (sic) les Blues (sic) Bombers de Winnipeg.

(Euh... laissez-moi devinez... c'est traduit par le gars qui fait les traductions anglais-français pour GE Money?)

C'est bien pour dire, cette brasserie promeut une bière qui ce dit fière d'être québécoise, mais elle n'est même pas foutu de traduire intelligemment sa documentation dans un français respectable.

Je crois que ça parle bien plus que bien des campagnes publicitaires racoleuses.

mercredi 20 juin 2007

Vidéo(é)tron III, ou le retour du psychopathe qui ne veut pas mourir

Si vous avez vu les films mettant en vedette Freddy, Jason ou autres maniaques meurtriers, vous savez très bien qu'ils meurent tous à la fin... mais pas totalement. Car bien qu'un jeune débrouillard réussisse à tuer le névrosé, à le dépesser et à le hacher menu afin d'en faire de la sauce à spaghetti, la toute fin du film nous révèle un indice qui nous fait croire que ledit psychopathe va reprendre du service lors d'un prochain épisode.

C'est le cas de Vidéotron.

Je croyais ne plus avoir de problème avec eux. Erreur.

Un de mes colocataires a bidouillé, de son propre chef, la connexion câble du logement, car il voulait la télévision câblée dans sa chambre. Ce n'est, on en convient, pas une bonne idée, d'autant plus que j'aurais pu payer le déplacement d'un technicien de ma poche pour installer une vraie prise. Puisque cela a eu des répercussions sur la réception du signal de ma télévision, j'ai donc appellé le service technique de Vidéotron pour signaler le problème. Pas de problème, me dit-on, un technicien sera envoyé d'ici quelques jours pour refaire les branchements.

Par la même occasion, je voulais également demander au technicien d'installer une nouvelle prise, question que le tout soit en ordre. Le coût n'était pas un facteur: Vidéotron m'aurait chargé un gros prix pour l'installation que j'aurais payé sans rechigner. Et de plus, puisque l'infrastructure et le câblage pour mener le signal de Vidéotron du poteau à la chambre de mon coloc est déjà existante, installer une nouvelle prise de câble prend seulement quelques minutes — et ce n'est pas moi qui l'invente, plusieurs techniciens de Vidéotron me l'ont mentionné.

Un technicien se présente donc mardi. Première mauvaise surprise: le technicien refuse d'installer une nouvelle prise, même si je suis prêt à payer le plein prix. Deuxième mauvaise surprise: il me menace de déclarer le tout comme du piratage (ce à quoi je m'objecte puisque si c'était du piratage délibéré de ma part, j'aurais été fou de déclarer un problème de branchement, non?) Troisième mauvaise surprise: contrairement à ce que plusieurs personnes chez Vidéotron m'avait laissé entendre, le coût d'une nouvelle prise n'est pas de 30$, mais de... 70$! Troisième mauvaise surprise: le technicien, qui n'était pas un québécois de souche, parlait un mauvais français. Et par mauvais français, je ne veux pas dire "Il parlait un français de gars de shop". Je veux dire "Il était incapable de s'exprimer en français."

Concrètement, j'ai affaire à un technicien retors avec lequel je ne peux argumenter parce qu'il parle un français de chiotte. Extrait du dialogue, de mémoire:

- Ça va vous coûter 70$, plus 30$ plus tard lorsqu'un autre technicien viendra.
- Le service technique m'a dit que cette réparation était gratuite.
- Oui, mais si un technicien revient, ce sera 30$ pour cette fois-ci.
- Ce n'est pas clair, monsieur. Combien ça me coûte aujourd'hui?
- Ça va vous coûter 30$, mais 70$ lorsque le technicien reviendra poser une prise.
- Vous me donnez plusieurs montants différents, monsieur. Je reformule ce que vous me dites: votre déplacement aujourd'hui ne me coûte rien, c'est bien ça?
- Oui, mais ça va vous coûter 70$ si je vous installe la prise.
- Vous me dites donc que vous pouvez installer une prise. Pouvez-vous l'installer dès maintenant?
- Non, j'ai d'autres rendez-vous ailleurs, il faut appeler le service technique...


Et ainsi de suite. Excédé, je lui ai même demandé s'il parlait anglais. Il ne parlait pas anglais. À bout, je lui ai donc claqué la porte au nez sans lui dire les civilités d'usages.

J'appelle donc le service technique pour avoir le coeur net à propros du prix de la réparation. Quatrième mauvaise surprise: personne n'est capable de me dire combien ça coûte, et on me dit que ça dépend du rapport du technicien. C'est un peu comme si j'allais au Future Shop acheter un DVD, que la caissière noterai mon numéro de carte de crédit, et m'informerai que je vais savoir seulement lors de la réception de mon compte le montant que le DVD m'a coûté. Et ça peut être 10$ comme ça peut être 50$.

Même Freddy a plus d'éthique que ça.

PS: Mon amie Ève parle également de ses déboires avec Vidéotron dans son plus récent billet. Bravo, bande de champion du monde.

lundi 4 juin 2007

Vous êtes programmé pour une entrevue de téléphone avec de l''''argent de GE (sic)



General Electric est la deuxième compagnie mondiale en terme de capitalisation boursière. Selon Le Monde Diplomatique, le chiffre d'affaire de GE en 2006 est d'environ 150 milliards de dollars américain, soit plus que certains pays du Tiers-Monde. Son président, Jeffrey R. Immelt, a touché l'an dernier des revenus totaux de 12,09 millions de dollars US.

Donc, General Electric a de l'argent dans son coffre... mais, si je me fis à mon expérience récente avec la compagnie, GE ne l'ouvre pas pour se payer un bon traducteur anglais/français.

Plus tôt cette semaine, un site de recherche d'emploi annonçait que des postes de téléphonistes bilingues étaient disponibles chez GE Money, une filiale de General Electric spécialisée dans le prêt à la consommation. J'en ai donc profité pour soumettre ma candidature à ce poste.

Première mauvaise surprise: le site dans lequel les candidats doivent soumettre une candidature est unilingue anglais. Nous sommes au Canada après tout, où, en principe, le français et l'anglais sont sur le même pied. Il me semble donc que les sites s'adressant à un public canadien doit être bilingue. Mais passons. Peut-être est-ce une erreur et qu'il y aura du français plus tard dans la demande.

Il y a effectivement du français. Mais, dans un premier temps, il faut tout d'abord entrer ses coordonnées personelles dans des pages unilingues anglaises (voir ici et ici); et, dans un deuxième temps, considérer comme étant du français un espèce de charabia digne de Stephen Harper. Concrètement, après un long texte qui, bien que techniquement bien traduit, ne sonne toutefois pas comme du français, le candidat doit répondre à la question "À quelle unité d'affaires de GE êtes-vous actuellement employé?". Ce à quoi il est possible de répondre: "Je n'ai jamais travaillé pour GE Money dans n'importe quelle capacité" (sic).

Le candidat doit par la suite dire à quel endroit il a vu l'offre. L'a-t-il vu dans un journal? Est-ce un ami qui lui en a soufflé mot? Ou bien l'a-t-il simplement vu l'annonce dans l'Internet? C'est effectivement mon cas, alors je choisis la case appropriée... avant de me faire demander la-question-de-la-mort-qui-tue:
"Quel est le nom du tableau des offres d’emploi auquel vous répondez?" (sic)

Comme dirait l'autre: "De kessé?"

Si, à la décharge de GE, le reste du questionnaire est intelligible — quoiqu'il est évident que le texte est un traduction —, il reste que je me suis soudainement demandé qui avait traduit ce site. Le même gars qui traduit les biscuits chinois? Dave Hilton? Babelfish? Un mélange des trois?

Mais attendez, ce n'est pas fini.

Je complète mon formulaire, suite à quoi je reçois cet avis de confirmation titré... "Vous êtes programmé pour une entrevue de téléphone avec de l''''argent de GE" (sic). Voici le courriel, que je publie tel quel — sauf pour mon prénom, que j'ai enlevé:

Cher (...),

Merci de votre intérêt pour l''''argent de GE. Vous êtes actuellement
programmé pour une entrevue de téléphone, qui est la prochaine étape
dans le processus de location.

Your appointment will begin on: Jun 4 2007 2:40PM (ET), at: the phone
number that you have provided..

Rappelez-vous, le temps montré ci-dessus est la période locale de
l''''endroit que vous vous êtes appliqué à.

Si vous avez besoin d''''aide ou pour toute question, veuillez
contacter notre service de Soutien à la carrière au 1-866-301-5627. Les
représentants sont disponibles du lundi au jeudi de 8 h à 21 h, Heure du
Centre et le vendredi de 8 h à 17 h.

Merci de nouveau pour votre intérêt pour GE Money et ses sociétés
affiliées. Nous vous souhaitons du succès alors que vous explorez cette
opportunité.

Sincèrement,
GE Money et Équipe de première ligne des sociétés affiliées de GE
Money.
Soutien à la carrière


Le moins que je puisse dire est que je m'attends à mieux de la part d'une compagnie qui se veut sérieuse comme GE.

Le plus navrant est que j'ai reçu aujourd'hui l'appel d'un intervieweur. Comme j'étais absent, il a laissé un message. En anglais.

Alors ne comptez pas sur moi pour accepter un emploi pour GE dans un futur rapproché.

vendredi 25 mai 2007

Vidéo(é)tron, la suite

Le technicien vient de trouver le problème: c'était le modem. Il s'avère que c'était un vieux modem reconditionné, et il causait de l'interférence sur ma ligne.

(Et dire que j'ai dû insister et lever le ton afin d'avoir droit à une visite de technicien, car le légume vert au support technique insistait pour me dire que le problème était mon téléphone!)

Ce qui m'amène à me poser cette question: mais qu'est-ce que Vidéotron a à refiller des modems de seconde main à ses clients?

Vidéo(é)tron

Je sais, le jeu de mot est facile. Mais il résume bien dans quoi cette compagnie m'a foutu: dans la merde.

Il y a deux semaines, j'étais heureux de me faire installer la télévision numérique, l'Internet haute vitesse et le téléphone. Enfin, c'était le retour à la civilisation après une semaine sans communication directe avec le monde extérieur.

Je n'ai rien à redire à propos de l'Internet et de la télévision. Je ne peux en dire autant du téléphone.

Ce mardi, lors de mon retour de voyage de New York — j'écris un long blogue au sujet de mon voyage et je vous le poste d'ici la fin de semaine, promis —, mon colocataire me signale que la ligne téléphonique est en dérangement. Au mieux, il est possible d'entendre de la friture sur la ligne dès que l'on décroche le combiné. Au pire, la friture apparaît en plein millieu d'un conversation... ce qui est plutôt embêtant quand votre humble serviteur envoie des CV un peu partout et qu'il passe une annonce classée dans un journal.

J'appelle donc le soutien technique, qui me confirme qu'il y a un problème avec le réseau. Mercredi, Vidéotron m'envoie un technicien à domicile pour examiner le filage de l'édifice. Il appert donc que le technicien qui a procédé à l'installation a bâclé son travail, ce qui explique le problème. De plus, des câbles dans l'édifice étaient en mauvais état, et le technicien a remplacé le tout. Au bout du compte, Vidéotron reconnaît que la responsabilité incombe sur elle, et ni le filage de mon appartement ni mon combiné téléphonique ne sont en cause.

Je croyais donc que le problème était réglé. Or, le problème est revenu jeudi. Problème: mon annonce classée est paru cette même journée, ce qui fait que je n'ai pu prendre aucun appel!

Je rappelle le soutien technique. On m'apprend qu'il y a une panne de téléphone dans mon quartier et que le problème sera rétabli d'ici la fin de la journée.

La fin de la journée?! Pas de panique, me suis-je alors dit: j'appelle le service à la clientèle pour me faire installer d'urgence une boîte vocale. À défaut de répondre immédiatement, je prendrai les messages d'un téléphone publique et je rappellerai tout ce beau monde.

J'appelle donc le service à la clientèle, où une téléphoniste m'affirme qu'elle peut installer ma boîte vocale dès aujourd'hui (jeudi). Cette téléphoniste avait la voix et la prestance vocale d'une plante verte, mais j'ai passé outre. Je n'aurais pas dû. Devant l'impossibilité d'accéder à ma boîte vocale, je rappelle le service à la clientèle. Surprise! On m'apprend que le service ne sera actif qu'à partir du lendemain! La téléphoniste semble avoir tout fait pour ne pas que je parle à un superviseur, et, après dix minutes, elle note ma plainte, qui, sans aucun doute, finira ses jours dans la filière 13.

Plus tard en soirée, j'ai toujours le même problème, ce qui me vaut, encore une fois, l'honneur d'appeler le soutien technique. Le préposé me confirme que le problème provient du réseau et que le service sera rétabli en matinée. Je bouille, mais je prend mon mal en patience.

Cet après-midi, je reçois un appel d'un employeur potentiel. Il désire me faire passer un entrevue téléphonique sur le champ. Tout va pour le mieux lorsque.... LA ?&#*&!!! DE FRITURE SE FAIT ENTENDRE SUR LA LIGNE!!!!! J'arrive à comprendre qu'il va me rappeler lundi, mais fort probablement que d'autre personnes seront retenus avant moi, tout ça parce que je n'ai pas pu compléter l'entrevue téléphonique.

J'ai donc rappelé le service technique est leur disant ma façon de penser — et croyez-moi, je suis capable de bardasser dans une conversation téléphonique, ce qui vous donne une idée du ton de la conversation. Le technicien, qui semble avoir pris des cours de support technique au même endroit où Jacques Villeneuve a pris des cours de chants, m'expliquait que le problème vient de mon téléphone. Foutaire: s'il avait lu les notes dans son dossier, il aurait vu que ce n'est pas le cas.

Résultat: un technicien — un autre — doit passer chez moi avant 20h pour régler ce problème.

Je résume: j'attend des appels archi-importants, et Vidéotron n'est même pas foutu de me garantir le service pour lequel j'ai payé. Si le technicien ne se présente pas ou que le problème n'est pas réglé, je lâche les chiens!

vendredi 4 mai 2007

La switch à bitch, si vous permettez...

Écoeuré. Brûlé. Pus capab. Appelez ça comme vous le voulez, j'en ai ras-le-pompom de mon emploi. À tel point que je considère quitter mon emploi afin de voir si le pâturage est plus vert ailleurs.

C'est que, voyez-vous, les appels que nous avons reçu aujourd'hui relativement au Cirque du Soleil peuvent se classer en trois catégories: appel de personnes névrosées, appel de personnes incapables de s'exprimer dans un français convenable ou appel de personnes si excités que l'on se demander si elles n'ont pas sniffé trois lignes de coke avant d'appeler.

Et puisque tout le Montréal médiatique a parlé de la première du spectacle ce matin, nous étions inondés d'appels de Moron Retardataire des Banlieues qui ont appelé pour avoir des billets pour le Cirque du Soleil.



(disgression)

*insérez le logo de la Mutuelle d'Omaha*.

Cette semaine au Royaumme des Animaux, nous vous présentons le Moron Retardataire des Banlieues. Le Moron Retardataire des Banlieues est un animal sauvage vivant majoritairement en banlieue. Il désire obtenir des billets pour un évènement culturel ou sportif dès le moment les médias parlent en long et la large. On peut reconnaitre le Moron Retardataire des Banlieues par cette faculté qu'il possède d'éteindre son cerveau avant de passer un coup de fil, de parler une langue approximative, d'être incapable de prendre un décision par lui-même et d'être impoli. Bien que les billets pour un spectacle ait été en vente six mois plus tôt, il exprime son mécontentement si, deux jours avant le spectacle, il n'a pas de billets dans la première rangée en avant au centre de disponible. Le Moron Retardataire des Banlieues est une espèce en voie d'apparition, ce qui veut dire que l'on peut le voir de plus en plus fréquemment, et il semble impossible de l'exterminer. Il est toutefois possible de le faire fuir en lui montrant un exemplaire d'un livre ou, plus simplement, en disant un mot de plus de deux syllabes. La semaine prochaine au Royaumme des Animaux de la Mutuelle d'Omaha: le Téléphoniste Cinglé du Plateau.

(/digression)



Cela m'a permis de faire deux constatations:

1. Le français fait dur au Québec. Et avant de pointer les-immigrants-qui-veulent-pas-apprendre-le-français, il faudrait peut-être regarder à quel point nous, Québécois, parlons un français qui n'a de français que de nom. Il serait plus appproprié de dire que nous parlons un patois créole où la sythaxe est absente (Ça veut dire quoi, "Cirque du Soleil, deux billets"?) , où les questions ne sont pas posés de manière grammaticalement ("... Le 2 mai?" n'est pas une question en soi) et où l'affirmation négative tient lieu de question ("et vous ne savez les prix, hein"?... d'après toi, espèce de twit? ON EST UNE BILLETERIE!)

Qu'on me comprenne bien: beaucoup de gens au Québec parle un excellent français, mais il y en a encore plus dont le français est déficient. Et je commence à comprendre les Français de niaiser les Québécois à propos de leur langue.

2. Les gens n'ont plus de cerveaux, que des télécommandes dans la tête. Ils posent des questions, et ne laisse pas le temps aux téléphonistes de répondre qu'ils passent déjà à un autre sujet. Exactement comme s'ils zappaient devant leur télévision.

- C'est quoi, le prix des billets?
- 220$, 95$, 85$ et...
- Et c'est quoi, les meilleures places?

Le pire est qu'ils vont reposer des questions plus tard afin d'obtenir des réponses que j'aurais pu fournir s'ils m'avait laissé parler.

Si ces gens sont incapables d'exprimer leurs pensées de manière claire et cohérante pour quelque chose d'aussi simple que de commander des billets de spectacles... qu'est-ce que ça doit être pour le reste?!