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samedi 8 mai 2010

Parce que ça peut même arriver dans les meilleures familles


J'ai coutume de dire que «n'importe qui peut dire des conneries, moi le premier».

À l'aide des médias sociaux, je suis déjà intervenu auprès de personnes dépressives en crise. Mais j'ai aussi, comme je l'ai fait hier dans le feu de l'action, traité un «twitteur» de «face de gay» (sic).

Ce n'est pas très intelligent de ma part. Quelques explications s'imposent:

De un, je n'ai rien d'un homophobe, comme pourront vous le confirmer mes collègues de travail, amis et proches de toutes orientations sexuelles confondus.

De deux, j'aurais pu dire autre chose de plus neutre, tel que «face de singe» ou «face de pet». Pas nécessairement plus intelligent, mais moins chargés comme expression.

De trois, j'ai au moins deux amis gays qui emploient cette expression dans un contexte particulier. En leur présence, ça aurait passé comme du beurre dans une poêle. Je ne fais toutefois pas ma victime, parce que je réalise (trop tard) que le discours privé n'a pas la même portée lorsqu'il est exposé dans les médias sociaux.

J'assume autant les belles choses que j'ai dites dans la vie que les moins bonnes, et je suis prêt à vivre avec les conséquences de mes écrits. Ceci étant dit, je tiens à offrir mes plus sincères excuses à la communauté Internet pour ce dérapage qui n'aurait jamais dû avoir lieu.

Et à l'internaute envers qui j'ai lancé cette phrase: non seulement je m'excuse, mais je suis prêt à fumer le calumet de paix avec vous en public ou, plus simplement, boire une bière ensemble... pourvu que tu ne me la verse pas sur la tête. ;-)

jeudi 22 avril 2010

Call TV: télé-réalité nouveau genre



Vendredi, 23h30. Au programme: Des Kiwis et des hommes à Radio-Canada. Un film déjà vu trois fois à TVA. Des reprises des Moquettes Coquettes à Télé-Québec. Heureusement, V nous offre une contre-programmation hors de l'ordinaire: Call TV.

Au diable Occupation Double ou Big Brother: Call TV est l'ultime télé-réalité. Une improvisation comparée sur le thème «Textez-nous pour participer à notre télé-tombola». Nombre de joueuse: une animatrice ingénue sans expérience dans l'animation en direct. Durée: deux heures. Deux animatrices: Leïla, la blonde nerveuse à l'os, comme le rappelle son rire à la Peter Griffin. De l'autre, Sunny-Stella, l'énigmatique femme fatale échappée d'un film noir.

Six soirs sur sept — ça serait bien le comble si Call TV se mettait en travers de Bleu Nuit —, Leïla ou Sunny-Stella nous accueillent avec un bien senti «Alors bonsoir...Bienvenue à Call TV, où divertir est notre plaisir». Sur fond de musak techno tonitruante et d'effets sonores cheaps, elles nous proposent de remporter des prix en argent moyennant la résolution d'énigmes à la facilité déconcertante... et l'envoi d'un texto qui vous sera facturé un dollar.

Le piège? Il est commun pour les producteurs de ne prendre aucun appel pendant des dizaines de minutes, voire une heure au grand complet, question d'engranger plus d'argent. S'ensuit le triste spectacle d'une animatrice qui meuble ce silence gênant par l'un des moyens suivants: parler pour ne rien dire, déparler, bafouiller, faire la baboune, séduire le spectateur, rire nerveusement, faire semblant de péter des coches. Parfois tout en même temps.

Perles et moment d'anthologie s'ensuivent. «Si vous vous dites que vous n'êtes pas chanceux, vous avez moins de chance.» «Pour vous aidez, écrivez la réponse sur votre divan.» «Au printemps, y'a beaucoup de pays que ça vaut vraiment la peine d'aller visiter, on a l'Europe, c'est vraiment super beau l'Europe en ce moment (...) les fleurs sont en fleurs.» «Si vous dormez, vous ne pouvez pas participer.» «Je vais vous dire une petite joke avec ça, j'ai le goût de la dire, mais c'est une joke plate. Quelle auto est la plus... que les vaches ont le plus peur, dans le fond? Une Volvo

De ces citations, les fans finis de l'émission en raffolent, au point de s'imposer deux heures de torture audiovisuelle, tournée en un lent plan-séquence. Pour le plaisir de voir en direct des fails de proportion épique qui ne manque pas de se produire, récompense suprême pour le brave téléspectateur rivé à son écran depuis les premières secondes de l'émission. Pour le plaisir de pouvoir en discuter sur Twitter avec une bande de fous qui commente en direct — oui, ça existe. Pour le plaisir de cette mise en abîme où Evelyne Audet twitte le lendemain qu'elle «est tellement contente d'être de l'autre côté de l'écran pour regarder Call TV» tout en retweetant les pires moments de la veille.

L'effet visuel d'un incendie qui surgit de l'écran lorsqu'il y a gros lot nous ramène toutefois à une triste réalité. Il ne brûle pas seulement les faux billets de 100$ que tiennent les animatrices, mais aussi leurs carrières. Comme dans le monde de la télé-réalité, Call TV amène une célébrité éphémère et stigmatise ses participants. Pour le plaisir de celui qui regarde.

jeudi 29 novembre 2007

Elvis Gratton is alive and kicking

Je travaille depuis près de six ans dans des centres d'appels, et une des mes observations est que, peu importe le centre d'appel, les immigrants de deuxième génération y sont surreprésentés par rapport à leur poids démographique dans le Québec. Plusieurs raisons expliquent cet état de fait: les centres d'appels sont en majorité basés à Montréal; les immigrants de deuxième génération parlent généralement trois langues; plus platement, ils sont réduits à ce genre d'emploi puisque leur compétence dans leur domaine d'études ne sont pas encore reconnus.

On ne se surprendra alors pas d'apprendre que l'actuel centre d'appel pour lequel je travaille est une mosaïque culturelle qui ferait pleurer de joie n'importe quel tenant du multiculturalisme canadian: tous les coins du monde y sont représentés — ou presque, car, hélas, je n'ai pas encore de collègue de travail suédoise de 21 ans, blonde aux yeux bleus —et tous et chacun cohabitent dans l'harmonie.

À vrai dire, je suis l'un des rares Québécois de souche à travailler dans ce centre d'appel. C'est ainsi que les clients québécois de souche, probablement soulagés d'entendre un des leurs avec un gros accent de Montréal, croient avoir une oreille à leur écoute.

Et c'est là que ça fait peur. Parce que ces Elvis Gratton croient avoir affaire à quelqu'un comme eux, ils se permettent de cracher tout le mépris qu'ils ont envers mes collègues de travail qui ont le malheur de parler français avec un accent différent de celui du Québécois moyen.... et, croyez-moi, ce n'est pas beau ni à entendre, ni à répéter.

(C'est dans ces circonstances que j'ai le goût de transférer l'appel à une collègue de travail, qui a une voix tout ce qu'il y a de québécois... mais qui est en fait une Tunisienne qui porte le hijab. Mouhahahaha...)

Étrangement, c'est le premier centre d'appel où je sens autant de hargne des clients envers les immigrants de deuxième génération. Certes, il y avait toujours des WASP un peu trop pincés qui grognait contre des téléphonistes québécois qui avaient le malheur de parler anglais avec un accent trop près de celui de Stéphane Dion, mais jamais de Québécois se plaindre qu'un téléphoniste avait un accent pas assez québécois.

Étrangement, les derniers quarts de travail de téléphoniste de mon ancien emploi étaient en mai, et j'ai pris les premiers appels de mon nouvel emploi en octobre. Serait-ce que, cet été, tout le délire cosmique autour des accommodements raisonnables et de la Commission Bouchard-Taylor qui a réveillé le Elvis Gratton intérieur du Québécois moyen? À moins que ce soit moi qui me fasse des idées?

lundi 29 octobre 2007

Mes Aïeux, ou le triomphe du misérabilisme adéquiste

J'ai souvent lu que la chanson québécoise est engagée. Pour être engagée, elle l'est certes — je pense à des groupes tels que Loco Locass ou aux Vulgaires Machins.

Mais être engagé veut-il dire, comme on le pense souvent, être de gauche? Pas nécéssairement. J'en veux pour preuve la chanson Dégénérations, chanson du groupe Mes Aïeux qui a remporté le prix du Félix de la meilleure chanson de l'année.

Ce que dit cette chanson est que le progrès a entraîné une perte des valeurs; que, face à l'attitude des baby-boomers, le salut de la jeune génération se trouve dans le retour à des points de repère d'un temps révolu: la vie rurale, la famille nombreuse, la volonté de vivre selon nos moyens. En bref, cette chanson reprend en tout point le discours de l'ADQ.

J'en veux pour exemple les deux premiers couplets de la chanson. Voici de quel manière on pourrait structurer l'argumentation de la chanson:

A) Présentation d'une situation vécu où tout le monde est beau et gentil: Ton arrière-arrière-grand-père, il a défriché la terre/ Ton arrière-grand-père, il a labouré la terre/ Et pis ton grand père a rentabilisé la terre...

B) Présentation de l'attitude du gros méchant baby-boomer pourri: Pis ton père il l'a vendu pour devenir fonctionnaire...

C) Présentation de la situation misérable de la génération actuelle: Et pis toé, mon p'tit gars, tu sais plus ce que tu vas faire / Dans ton p'tit trois-et-demi, ben trop cher, frette en hiver...

D) Présentation des aspirations de la génération actuelle, qui constitue un retour vers le point A: Il te vient des envies de devenir propriétaire / Et tu rêves la nuit d'avoir ton petit lopin de terre.

Morale de l'histoire: si ça va mal pour les jeunes, c'est à cause des baby-boomers — entendu en sous-texte par le biais du personne du baby-boomer fonctionnaire: la Révolution Tranquille, l'État québécois moderne — et il faut casser leur héritage malsain pour revenir à une époque où tout était plus beau. Autrement dit: heille, on était-tu ben dans l'bon vieux temps!?

Si ce n'est pas un condensé du discours populiste de l'ADQ, je me demande ce que c'est.

Il y a une différence entre reconnaître les excès du progrès et le nier en bloc. Mes Aïeux préfère la deuxième option; elle préfère promouvoir la nostalgie d'une époque qu'aucun membre du groupe n'a connu, une époque pas mal moins idyllique que les membres du groupe le pensent. Nos arrières-grand-pères ne terminaient pas leur secondaire alors qu'il est courant pour les membres de ma génération de fréquenter l'université; nos arrière-grand-pères pouvaient mourir de maladie aujourd'hui éradiqué tel que la variole ou la polio; nos arrières-grands-pères négligeaient leur santé puisque, contrairement à aujourd'hui, ils ne pouvaient pas se permettent de se payer un médecin; nos arrières-grands-pères habitaient des maisons insalubres à Ville Jacques-Cartier ou dans le Faubourg à M'lasse alors que n'importe quel étudiant fauché peut aujourd'hui trouver sur le marché montréalais des appartements salubres pour un prix décent; nos arrières-grands-pères devaient s'exiler en Nouvelle-Angleterre afin de trouver de l'emploi, alors qu'aujourd'hui le marché de l'emploi au Québec n'a jamais été aussi effervescent et dynamique.

Si quelqu'un veut entendre une chanson sur la misère, je lui ferai entendre la chanson de Claude Dubois, J'ai souvenir encore. Une chanson juste, sans larmoiement, sans misérabilisme, sans démagogie, avec un soupçon de dignité. Bref, tout ce que Mes Aïeux n'arrive pas à faire avec Dégénérations.

mardi 11 septembre 2007

...

Voici un des plus beaux moments de télévision des dernières années: The Daily Show with Jon Stewart, édition du 20 septembre 2001.

C'est la preuve que c'est dans les tas de fumier que poussent les plus belles fleurs.

samedi 28 juillet 2007

La pire entrevue télé de tous les temps

Vous êtes complexé parce que la télévision vous a interviewé et que vous ne vous trouviez pas articulé?

Ça aurait pu être pire: vous auriez pu être Merry Miller.

Cette ancienne Miss Dallas de 37 ans est une des directrices de The Learning Annex, la plus grande compagnie d'éducation des adultes aux États-Unis. Elle semble également nourrir des ambitions de carrière dans le milieu de la télévision, puisqu'elle a accepté un poste d'animatrice pour le compte de ABC.

Il semble toutefois que ses patrons l'aient embauché uniquement pour son joli minois, et uniquement pour cette raison. Parce que quand elle ouvre la bouche, c'est le désastre, comme le prouve cette surréaliste entrevue avec Holly Hunter à l'occasion de la première de la série Saving Grace.

Il n'est pas nécéssaire d'être un étudiant en journalisme pour se rendre compte du nombre d'erreurs techniques épouvantables que commet madame Miller. Elle ne semble pas avoir fait de recherche préalablement à son entrevue, regarde la mauvaise caméra, ne sait pas comment enchaîner ses questions avec les réponses de Holly Hunter, hésite entre les questions et semble s'accrocher dans les voyelles des mots. Comme si cela n'était pas assez, elle donne la mauvaise date de la première de l'émission alors qu'il est écrit en Arial 16 Gras à l'écran, et elle conclut cette entrevue en invitant les gens à visiter le site Web de NBC — or, je vous le rappellle, madame Miller travaille à ABC.

Non, ce n'est pas un vidéo humoristique, même si le vidéo est si déjanté que l'on peut être porter à croire que cela est le coup d'un groupe d'humoriste.

Notons qu'en moins de temps qu'il en faut pour dire "YouTube", cette entrevue est devenu le vidéo de l'heure aux États-Unis. Par le fait même, madame Miller devient la nouvelle récipiendaire de quinze minutes de gloire.

vendredi 27 juillet 2007

Le tire à l'air, la tendance mode été 2007 masculine?

Je pensais avoir tout vu avec cette mode des tops féminins qui révélait le bas-ventre de ces demoiselles.

C'est pourtant bel et bien dépassé, mesdames et messieurs.

En terme de découvrement de ventre, la nouvelle innovation vient de la gente masculine, dont un nombre remarquable de membre ne semble plus complexé à exposer l'intégralité de ses formes frontales aux quidams. Et il est inutile de se présenter à la piscine du quartier ou dans un bar de danseurs du Village pour voir des hommes torses nus. Dorénavent, la bédaine s'expose dans la rue, à la vue de tous.

Depuis le début de l'été, j'ai vu au moins une vingtaine de gars désenbuler dans l'espace public sans chandails. Et ce, peu importe si le spécimen masculin est sculpté comme une statue grecque ou le bonhomme Michelin. Ça donne des scènes grotesques dignes de films de John Waters où des vieux obèses d'au moins 350 livres se promènent dans la rue, seins à l'air, avec de la graisse qui pendouille à tout vent.

Oui, c'est déjà donner trop de détails que de le décrire par écrit, imaginez le voir au détour d'une rue alors que l'on ne s'y attend pas.

Remarquez, c'est aussi grossier que de voir Monsieur Abdominaux sans chandail dans la rue. Comme si ses apprentis culturistes voulaient montrer au reste du monde comment ils sont beaux et comment ils s'aiment.

C'est la première fois que je vois autant de mâles topless. J'ai pourtant vécu dans des quartiers plus glauques, où rencontrer de pareils spécimens était plus prévisible, mais je n'en jamais autant vu que dans Petite-Patrie cet été.

Et vous, quel est l'état des lieux dans votre quartier? Est-ce que c'est moi qui fabule ou c'est bel et bien une mode qui prend d'assaut le Québec?

vendredi 15 juin 2007

L'entrevue de l'enfer


Ma situation n'a pas évolué depuis la semaine dernière. Je n'ai toujours pas d'emploi, en dépit du fait que j'ai eu quelques entrevues cette semaine. Au mieux, le message que bien des employeurs semble m'envoyer est, en mes mots, "en dépit du fait que nous avons posté des offres d'emploi, on ne vous veut pas dans les pattes". Au pire, je passe des entrevues où je constate que les employés des ressources humaines de la compagnie semblent être déconnectés de la réalité.

Ce qui m'amène à vous parler de la pire entrevue de ma vie, qui a eu lieu mercredi dernier: c'était une entrevue organisé par une compagnie d'assurances dont je tairai le nom par charité chrétienne.

L'entrevue s'est déroulé en groupe, et nous étions sept ou huit personnes autour d'une table. À l'heure prévue, deux mesdames du département de ressources humaines se présentent, puis nous demande de... parler de notre dernier voyage. Dès ce moment, j'ai vu que quelque chose clochait: aucune personne du département des ressourses humaines d'une compagnie respectable ne demande en guise de première question de parler de son dernier voyage. J'ai rationnalisé en pensant que j'avais probablement affaire à deux diplômées brainwashés en sciences de l'éducation de l'UQAM qui se prenait pour des profs de maternelle. Ce qui n'augurait rien de bon pour la suite des choses, mais j'ai tout de même joué le jeu.

Après que chacun des candidats aient parlé de ses vacances comme des écoliers, les deux dames se mettent à nous vanter les mérites de cette merveilleuse compagnie où il est si le plaisant de travailler dans la paix, l'hamonie et le zen total.

Puis les deux dames nous ont servi un piège à con de mauvais goût.

Immédiatement après leur laïus, elles ont enchâiné: "Vous allez faire une rédaction à propos de ce que nous venons de nous dire."

Elles voulaient tester notre capacité d'écoute. Ce qui m'a amené aux réflexions suivantes:

1. Même des maîtresses d'écoles qui enseignent à des débiles profonds sont plus nuancés. Ce qui veut dire qu'elles n'ont aucune confiance envers personne. Pour le zen, on repassera.

2. J'ai eu la désagréable impression que l'on se foutait de ma gueule. Comme si je n'avait que ça à faire, aller en entrevue habillé en veston et cravate afin de glander et regarder les mouches voler dans un bureau du centre-ville.

3. La dernière fois où j'ai ressenti une attitude aussi matriarcale et opressante était à l'école primaire. Et il s'adonne aussi que je n'ai pas le goût de travailler pour le compte de maîtresses d'école marâtres.

4. J'avais l'impression de me trouver dans une édition de Job Académie, où tout le monde devrait mettre des bâtons dans les roues des autres concurrents afin d'obtenir un emploi.

Excédé, je me suis aussitôt levé, prétextant un besoin naturel, puis j'ai quitté l'édifice, fâché d'avoir perdu mon temps pour une bande de fous de la sorte. Ce qui fait que l'entrevue, qui devrait durer deux à trois heures, n'a duré que dix minutes pour moi.

Heureusement que n'importe quel autre empolyeur procède différement, sinon je serai bien malheureux.

vendredi 4 mai 2007

La switch à bitch, si vous permettez...

Écoeuré. Brûlé. Pus capab. Appelez ça comme vous le voulez, j'en ai ras-le-pompom de mon emploi. À tel point que je considère quitter mon emploi afin de voir si le pâturage est plus vert ailleurs.

C'est que, voyez-vous, les appels que nous avons reçu aujourd'hui relativement au Cirque du Soleil peuvent se classer en trois catégories: appel de personnes névrosées, appel de personnes incapables de s'exprimer dans un français convenable ou appel de personnes si excités que l'on se demander si elles n'ont pas sniffé trois lignes de coke avant d'appeler.

Et puisque tout le Montréal médiatique a parlé de la première du spectacle ce matin, nous étions inondés d'appels de Moron Retardataire des Banlieues qui ont appelé pour avoir des billets pour le Cirque du Soleil.



(disgression)

*insérez le logo de la Mutuelle d'Omaha*.

Cette semaine au Royaumme des Animaux, nous vous présentons le Moron Retardataire des Banlieues. Le Moron Retardataire des Banlieues est un animal sauvage vivant majoritairement en banlieue. Il désire obtenir des billets pour un évènement culturel ou sportif dès le moment les médias parlent en long et la large. On peut reconnaitre le Moron Retardataire des Banlieues par cette faculté qu'il possède d'éteindre son cerveau avant de passer un coup de fil, de parler une langue approximative, d'être incapable de prendre un décision par lui-même et d'être impoli. Bien que les billets pour un spectacle ait été en vente six mois plus tôt, il exprime son mécontentement si, deux jours avant le spectacle, il n'a pas de billets dans la première rangée en avant au centre de disponible. Le Moron Retardataire des Banlieues est une espèce en voie d'apparition, ce qui veut dire que l'on peut le voir de plus en plus fréquemment, et il semble impossible de l'exterminer. Il est toutefois possible de le faire fuir en lui montrant un exemplaire d'un livre ou, plus simplement, en disant un mot de plus de deux syllabes. La semaine prochaine au Royaumme des Animaux de la Mutuelle d'Omaha: le Téléphoniste Cinglé du Plateau.

(/digression)



Cela m'a permis de faire deux constatations:

1. Le français fait dur au Québec. Et avant de pointer les-immigrants-qui-veulent-pas-apprendre-le-français, il faudrait peut-être regarder à quel point nous, Québécois, parlons un français qui n'a de français que de nom. Il serait plus appproprié de dire que nous parlons un patois créole où la sythaxe est absente (Ça veut dire quoi, "Cirque du Soleil, deux billets"?) , où les questions ne sont pas posés de manière grammaticalement ("... Le 2 mai?" n'est pas une question en soi) et où l'affirmation négative tient lieu de question ("et vous ne savez les prix, hein"?... d'après toi, espèce de twit? ON EST UNE BILLETERIE!)

Qu'on me comprenne bien: beaucoup de gens au Québec parle un excellent français, mais il y en a encore plus dont le français est déficient. Et je commence à comprendre les Français de niaiser les Québécois à propos de leur langue.

2. Les gens n'ont plus de cerveaux, que des télécommandes dans la tête. Ils posent des questions, et ne laisse pas le temps aux téléphonistes de répondre qu'ils passent déjà à un autre sujet. Exactement comme s'ils zappaient devant leur télévision.

- C'est quoi, le prix des billets?
- 220$, 95$, 85$ et...
- Et c'est quoi, les meilleures places?

Le pire est qu'ils vont reposer des questions plus tard afin d'obtenir des réponses que j'aurais pu fournir s'ils m'avait laissé parler.

Si ces gens sont incapables d'exprimer leurs pensées de manière claire et cohérante pour quelque chose d'aussi simple que de commander des billets de spectacles... qu'est-ce que ça doit être pour le reste?!

mardi 1 mai 2007

Chronique de Puerto Plaza

Me voici enfin devenu un résident officiel de Puerto Plaza.

Ainsi, vendredi et samedi furent des journées d'empaquetage, dimanche la journée des grandes manoeuvres et lundi la journée de dépaquetage. Je suis encore dans les boîtes et j'en ai jusqu'à mercredi. Au moins. Bleh.

(Note à moi-même: rester là le plus longtemps possible. J'haïs déménager!)

Prochaine étape: l'achat d'un lit double au plus pressé. Dormir sur un lit improvisé à ras-le-sol d'un plancher en bois franc est bon pour les ascètes, mais pas pour moi.

(J'ai aussi une faveur à vous demander: vous avez des meubles dont vous voulez vous débarasser, je risque d'être preneur. Envoyez-moi un commentaire pour plus de détail.)

J'aime bien mon nouvel appartement. Il est tout près du Marché Jean-Talon, de la Petite Italie, de la Plaza Saint-Hubert, d'Outremont et du Plateau Mont-Royal. Bref, j'ai accès à toutes les commodités d'un résident du Plateau... sans en payer le prix. Comme vous pouvez le deviner: oui, je suis fier de mon coup. Ou, plus exactement, fier comme un paon, comme disent les anglo-saxons.

Mon appartement est un grand 4 1/2. Après quatre ans de maison de chambre, imaginez le choc que j'ai pu ressentir en me sentant, enfin, chez moi. Certes, la maison de chambre étudiante où j'étais était convenable, mais je me suis rendu compte assez vite que ce n'était pas un endroit propice pour construire un chez soi. On ne peut pas choisir la couleur des murs, les meubles ou les colocs. Dans un appartement, tout cela est possible, et encore plus.

Inutile d'ajouter que j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup plus d'espace que dans la maison de chambre où j'habitais. Le plafond est si haut que je ne peux l'atteindre même en sautant très haut dans les airs — et je rappelle que je mesure presque six pieds. Et ma chambre et le garde-robe sont si gigantesques que je crois à peine exagérer en disant que je peux y cacher un éléphant.

Je vous parlais dans mon blogue précédent de mon impossibilité d'obtenir le câble dans ma chambre. Coup de bol: le précédent coloc a oublié d'annuler son abonnement avec Vidéotron, ce qui fait que j'ai le câble gratuitement. Ce qui fait que je peux maintenant regarder le Canal des petites annonces dans le confort de mon foyer ou regarder les infopubs de Madame Minou à TQS sans lignes dans l'image. Merci Vidéotron!

Trève de plaisanterie, cela faisait la première fois en cinq ou six ans que je pouvais dire: j'écoute le câble chez moi. Cela a peut-être l'air sans intérêt, mais le fait d'être dans un chez-soi réel, où l'on peut s'étendre, relaxer et être soi-même sans crainte d'importuner les autres est une nouveauté pour moi.

Le seul défaut est que les chambres de l'appartement ne sont pas suffisamment illuminés car les fenêtres sont relativement petites. Je compte toutefois repeindre en couleur claire l'appartement au grand complet avec mon coloc. Ça tombe bien, la couleur des murs des appartements ne me conviens pas. Surtout celle de ma chambre, d'un bleu pétant qui est à la limite du haut-le-coeur.

(Télex à Monsieur Rénove: je vais avoir besoin de votre aide, parce que, me connaissant, je vais trouver le moyen de faire une job de cochon bien pire que Mister Bean pourrait le faire.)

Je vous laisse sur cette scène à laquelle j'ai assisté à l'épicerie du coin, scène mettant en vedette un p'tit couple Tim Hortons dans le rayon de la margarine. Le gars mesure cinq pieds huit, est dans le début de la vingtaine et ressemble à un JeePee en casquette de Laval. La fille est plus petite, n'est pas particulièrement jolie et a un langage corporel qui me laisse croire qu'elle n'est pas bien dans sa peau.

La fille prend un pot de margarine d'une marque Machin:

LE GARS (d'un air condescendant et paternaliste)
- Bébé, ça fait aucune différence si tu prend une marque.

LA FILLE (recroquevillée, d'un air étouffé)
- Oui, le goût.

LE GARS
- Non, tu payes plus cher pour rien. On achète déjà plein de marque, là...


Il prend une pause, et ajoute:

- ...pis les biscuits-là, c'est-tu des Pillsbury que t'as pris?


Si, un jour, j'en suis rendu à ce stade dans une relation de couple, rendez-moi service et dénoncez-moi au Doc Mailloux pour qu'il règle mon cas de manière extrême.

samedi 28 avril 2007

C'était Richard Z. Sirois, dans son truck

1. Hier ce déroulait la sortie annuelle des gars du bureau dans une cabane à sucre. À lire le bilan qu'en fait Princesse Sophie, je n'ai rien, mais là rien manqué. Ce qui me conforte dans mon idée de m'abstenir des partys de bureau.

2. J'ai reçu cet appel aujourd'hui. Admirez le mélange d'arrogance, d'inintelligence et de pensée magique qui se dégage des propos de mon interlocuteur, du rarement vu depuis mes débuts comme téléphoniste:

- Je veux des billets dans les rouges pour Gwen Stefani.
- Désolé madame, il n'en reste que dans les blancs.
- J'ai appelé hier et il était disponible. Demande à tes collègues la raison parce que je veux savoir pourquoi.
- Nous les avons vendus hier, madame.
- Mais je comprends pas, là, ils étaient diponibles il y a 24 heures.
- Pensez-vous que vous êtes la seule personne à vouloir des billets pour Gwen Stefani?
- Oui.
- Ah bon, alors vous croyez être la seule fan de Gwen Stefani à Montréal?
- Non.
- Donc, est-ce que vous croyez qu'il y a d'autres fans de Gwen Stefani qui aurait pu acheter des billets?
- Oui.
- Et voilà.


Elle a compris, finalement.

Cet appel ne battra toutefois jamais l'appel de cet énergumène qui avait appelé pour demander de changer la date d'un spectacle parce qu'il travaillait ce soir-là.

3. Au rhytme où vont mes études, je vais battre le record de cette dame.

4. Déménagement demain! Il est donc possible que je sois moins actif dans la toile, tout à coup. À moins que, par un coup de bol incroyable, je squatte de mon domicile une connexion Wi-Fi sans mot de passe.

5. Quiz: de quel émission télé provient le titre de mon blogue?

lundi 16 avril 2007

vendredi 13 avril 2007

Lettre ouverte aux parents qui amènent leur enfant voir des shows de monster truck au Stade Olympique

Chers parents,

Vous êtes nombreux qui amenez vos enfants — et même parfois vos nouveaux-nés (!) — au Stade Olympique afin d'assister à un spectacle de monster truck, ces gros camions qui écrase des voitures et qui tire de lourdes charges. Deux fois par année, ce spectacle attire 40,000 personnes, et, si je me base aux nombreuses commandes de billets que je traite pour le prochain spectacle qui aura lieu samedi le 14 avril, vous constitutez une importante partie de la clientèle présente.

Permettez-moi de vous rappeler, en toute humilité, deux choses.

Premièrement, le Stade Olympique est en béton, un matériel qui fait rebondir le son. Ce qui fait que tous les bruits sourds produits dans le Stade deviennent des échos insupportables. C'est exactement pourquoi les spectacles que vous avez vu au Stade quand vous étiez plus jeune sonnaient le cul.

Deuxièmement, le système d'aération du Stade est douteux, ce qui fait que l'air du Stade Olympique sent, à mon avis, mauvais. Ça peut s'expliquer par le fait que les gestionnaires du Stade ne peuvent pas ouvrir le toit et que le bâtiment ne sert pratiquement jamais.

Ainsi, pourquoi alors amèneriez-vous vos enfants à un spectacle de monster trucks dans ce lieu?

Un monster truck est équipé d'un bruyant moteur de 9.4 litres qui émet 140 décibels, soit autant de bruit qu'un Boeing 737 au décollage. Comme si ce n'était pas assez, les véhicules vont vrombir dans un endroit reconnu pour projeter et amplifier tous les sons en écho.

Ça explique pourquoi mes espions au Stade me rapporte que beaucoup d'enfants en pleurs se plaignent qu'il y a trop de bruit... et ça, c'est avant le spectacle!

Vous imaginez aussi qu'un moteur de 9.4 litres brûle une quantité phénoménale d'essence dans un endroit mal ventilé, ce qui produit une puanteur désagréable dans les corridors du Stade Olympique. S'insiste sur le mot puanteur: ce n'est pas une agréable effluve de pétrole que vous allez sentir, mais une odeur forte. C'est que les monster trucks sont des gros consommateurs de pétrole: si, pour chaque gallon américain d'essence, une voiture familiale de l'année tel que la Chevrolet Malibu peut rouler 34 miles sur une autoroute, un monster truck, lui, peut rouler... 33 verges. 33 verges, en passant, c'est à peine le tiers d'un terrain de football. Ce qui fait qu'un gros camion brûle trois gallons de gaz pour un aller simple entre les deux extrémités du Stade. Ça va sentir le gaz en ta, si vous voulez mon avis.

C'est sans compter que, puisque le Stade est mal ventilé, l'air ambient sera rempli de gaz carbonique et de poussière de terre — l'évènement a lieu sur une piste en terre battue, je le rappelle.

Donc, on résume: samedi, le Stade deviendra un lien enpoussiéré et nauséabond où des camions feront autant de bruit qu'un 737 au décollage.

Êtes-vous toujours aussi sûr de vouloir amener vos enfants au Stade?

samedi 7 avril 2007

Merci Lily

Je suis encore sonné par l'excellent spectacle de Lily Allen. J'en parlerai dans un blogue ultérieur.

Ce dont je veux vous entretenir ce soir tourne autour du spectacle.

Il y a des gens pour qui un de leurs rêves est de rencontrer seul-à-seul le Dalaï-Lama. D'autres pour qui ce rêve consiste à ouvrir un domaine en campagne où ils cultiveront des poulets à l'état sauvage. D'autres rêvent de sauter en parachute.

Dans cette même veine, prendre une photo aux cotés de Lily Allen est l'un de mes rêves. Oh certes, il y a des rêves dont je considère l'accomplissement plus prioritaire, mais celui-ci est une valeur sentimentale particulière.

Donc, il aurait été possible de rencontrer Lily Allen en personne après son spectacle de vendredi dernier au Club Soda... si ce n'était des gardes de sécurité du Club Soda qui m'ont gavé de mensonges comme une oie.

Voyez-vous, ils m'ont affirmé que la sortie des artistes étaient à un endroit X alors qu'elle est à l'endroit Y. Et il s'avère que j'ai réalisé, après le méfait, qu'ils m'aient menti délibérément.

Bon, d'accord: il est possible qu'ils aient eu des instructions de ne rien dire, de crainte de créer une émeute — ce qui est tout à fait défendable comme décision. Mais alors, la réponse appropriée n'aurait pas été "Désolé monsieur, je ne peux rien vous dire"? Cette réponse m'aurait déçu, mais aurait été plus satisfaisante que de me faire raconter des salades.

* * *

J'étais donc déçu de l'être humain après cet épisode. Mais, comme l'être humain se le fait rappeler à la moindre occasion, c'est dans le fumier que pousse les plus belles fleurs.

Car bien qu'il soit une espèce en voie d'extinction, le bon gars existe encore. On peut reconnaître le bon gars par sa droiture, son intégrité et son honnêteté, des qualités que l'on retrouve chez cet autre garde de sécurité, membre de l'équipe de tournée de Lily Allen.

Ce gentlemen mérite une étoile: non seulement fier de m'avoir donné quelques trucs afin que, dans le futur, j'obtienne un trente secondes de rencontre avec une vedette à la suite d'un spectacle, il m'a de plus OFFERT de faire son possible pour que, à défaut de pouvoir prendre une photo avec Lily Allen — elle était déjà au chaud dans son autobus de tournée —, elle me signe un autographe.... et je vous jure que n'ai pas insisté!

Ce héros de la semaine parle donc à deux ou trois personnes afin de savoir s'il est possible que Lily Allen autographie une affiche de promotion de son disque, affiche qu'une personne de son street team placardait sur des lampadaires et dont j'ai eu copie. Après quelques discussions avec son équipe, où j'explique qu'un refus de sa part ne serait pas mal pris, un homme monte dans le bus de tournée avec mon affiche.

Je vous fait le topo: Lily Allen a un spectacle d'une heure trente dans le corps. Elle passe en plus dix minutes à l'extérieur — il a fait une température digne du mois de février ce vendredi, je vous le rappelle — à poser et à signer des autographes, puis un autre dix minutes à signer des autographes par la fenêtre de son autocar de tournée. Elle a toutes les raisons au monde de refuser, et je ne lui en aurait pas tenu rigueur.

Cinq minutes plus tard, l'homme en ressort avec l'affiche signé des mots suivants:

To Dominic

Love,

Lily Allen

Vous vous rappelez cette scène de It's A Wonderful Life où George Bailey court dans les rues de Bedford Falls en s'époumonant Merry Christmas? Bien, j'étais George Bailey et je m'époumonnais Thank You Lily!, le pas rapide sur la rue Saint-Dominique.

C'est ce que j'appelle de la classe, classe qui a un effet cicatrisant tel de la teinture d'iode sur une plaie grande ouverte.

La photo avec Lily Allen, elle, peut attendre la prochaine tournée. Et je compterai alors sur mes propres moyens pour arriver à mes fins, car ce que j'ai appris dans cette histoire est qu'il ne faut jamais se fier aux employés du Club Soda pour nous aider.