Lorsque Quentin Tarantino se met à l'analyse de films, ça fait toujours des flamèches, tel que le démontre cet extrait du film Sleep With Me:
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dimanche 28 octobre 2007
jeudi 16 août 2007
Love me tender
C'est aujourd'hui le trentième anniversaire du décès d'Elvis.
Le Elvis des années 60 était un acteur de série B et le Elvis des années 70 était une épave. Je préfère aujourd'hui me souvenir du Elvis des années 50, celui qui cassait la baraque avec des chansons courtes et explosives interprétés avec une énergie presque sexuelle.
Si on est en moyen, on peut célébrere en prenant sa bagnole et aller célébrer à Graceland parmi les sosies d'Elvis. Nous retrouvons parmi eux cette institution montréalaise qu'est Elvis Patel. (Oui, mesdames et messieurs, nous avons ici même à Montréal un imitateur d'Elvis pakistanais, et nous avons même pu le voir au cinéma dans un petit rôle dans Confessions of a dangerous mind, de George Clooney.) Sinon, pour les amateurs d'Elvis Wong, on pourra toujours rencontrer Elvis Hyu, aussi connu sous le nom de Chinese Elvis.
Mais puisque votre humble serviteur est quelque peu fauché, il va se contenter d'aller à son vidéoclub favori et louer Leaving Las Vegas, un film certes pas très jojo mais qui a, si ça ce trouve, le mérite d'être le film hollywodien avec le plus grand nombre d'imitateurs d'Elvis par pied de pellicule.
Le Elvis des années 60 était un acteur de série B et le Elvis des années 70 était une épave. Je préfère aujourd'hui me souvenir du Elvis des années 50, celui qui cassait la baraque avec des chansons courtes et explosives interprétés avec une énergie presque sexuelle.
Si on est en moyen, on peut célébrere en prenant sa bagnole et aller célébrer à Graceland parmi les sosies d'Elvis. Nous retrouvons parmi eux cette institution montréalaise qu'est Elvis Patel. (Oui, mesdames et messieurs, nous avons ici même à Montréal un imitateur d'Elvis pakistanais, et nous avons même pu le voir au cinéma dans un petit rôle dans Confessions of a dangerous mind, de George Clooney.) Sinon, pour les amateurs d'Elvis Wong, on pourra toujours rencontrer Elvis Hyu, aussi connu sous le nom de Chinese Elvis.
Mais puisque votre humble serviteur est quelque peu fauché, il va se contenter d'aller à son vidéoclub favori et louer Leaving Las Vegas, un film certes pas très jojo mais qui a, si ça ce trouve, le mérite d'être le film hollywodien avec le plus grand nombre d'imitateurs d'Elvis par pied de pellicule.
mardi 31 juillet 2007
Serrault, Bergman, Antonioni
Michel Serrault décède dimanche, suivi d'Ingmar Bergman lundi. Et comme si ce n'était pas assez, Michelangelo Antonioni passe l'arme à gauche mardi.
Il n'y a pas eu d'autre morts depuis. Ouf. Retour sur trois pertes dans le monde du cinéma.
Michel Serrault (1927-2007)
Michel Serrault a touché à tous les registres, avec, il faut toutefois l'admettre, un succès critique variable. Je retiens de cet acteur ses rôles marquants d'homosexuel flamboyant dans La Cage aux folles, le notaire arrogant sous interrogatoire serrée de Garde à vue, ou de vieil homme apatique dans le sensible Nelly et Monsieur Arnaud, trois rôles disparates qui, mis un à côté de l'autre, illustre toute sa polyvalence.
Dans ses derniers films, il avait mis son talent d'acteur au service de personnage de vieil homme quelque peu grincheux, rôle dans lequel il excellait — voir Le Papillon et Le Bonheur est dans le pré pour s'en convaincre.
Il va nous manquer. Heureusement, on peut se taper en boucle cette célèbre scène burlesque:
Ingmar Bergman (1918-2007)
Bien des cinéastes auraient vendu leur mère pour avoir le talent de tourner qu'un seul chef-d'oeuvre. Bergman, à lui seul, en a tourné une vingtaine.
Scènes de la vie conjugales, Saraband, Fanny et Alexandre, Les Fraises Sauvages, Cris et Chuchotement ou L'Heure du Loup, pour ne nommer que ceux-ci, ont transformé le cinéma de simple moyen de divertissement à un média où il est possible de traiter d'enjeux existentiels.
Bergman, en dépit de son âge avancé, était et demerera toujours un cinéaste actuel. On regardera encore le troublant Septième Sceau dans 50 ans, 100 ans, 200 ans. (American Pie? Moins sûr.)
Avec la mort de Bergman, la communauté cinématographique vient de perdre ce que je juge être l'un des cinq plus grands réalisateurs de l'histoire du cinéma — les autres étant Orson Welles, Charlie Chaplin, Alfred Hitchcock et Stanley Kubrick.
Lui qui a si bien mis en scène la Grande Faucheuse sous les traits de Bengt Ekerot dans Le Septième Sceau en 1957, avait produit ce film car il était persuadé qu'il allait mourir sous peu, aura finalement vécu 50 ans de plus. Paradoxalement pour quelqu'un à la cinématographie aussi tourmenté, il a très bien vieilli et avait toute sa tête jusqu'à ses derniers jours, comme vous le verrez dans le documentaire Bergman et le cinéma, qui sera diffusé le dimanche 5 août à 20h30 sur les ondes de Télé-Québec.
(Personnellement, je souhaite vieillir cmme Ingmar Bergman. Tourment existentiel en moins.)
Michelangelo Antonioni (1912-2007)
La France a eu son 11 octobre 1963. La communauté cinématographique a son 31 juillet 2007.
Bergman mort, c'est déjà un choc. Antonioni en plus dans la même journée? Les cinéphiles savaient bien que le maître italien allait partir un jour ou l'autre suite à ses nombreux problèmes de santé, mais jamais en même temps qu'une autre légende du cinéma.
Concrètement, une claque sur la gueule aurait été plus apprécié que la mort de ces deux monstres du cinéma la même journée.
Je suis moins familier avec Antonioni — oui, je sais que c'est une tare que je me dois de corriger le plus vite possible. J'ai toutefois vu son ultime chef-d'oeuvre: Blow Up. S'il n'y a qu'un film d'Antonioni que vous devez voir, c'est celui-ci. Bien que se déroulant dans le milieu hip londonien des années 60, le film transcende sa période et est toujours actuel dans ses thématiques: notre rapport à l'image, notre rapport au cinéma, notre rapport à autrui, notre rapport au matériel.
Sa mise en scène est à la fois lente, mais chargée. Dans Blow-Up, tout est dans le détail. Regardez attentivement cette scène d'anthologie — avec en vedette The Yardbirds, l'ancêtre de Led Zeppelin — et vous comprendrez ce que je veux dire:
Observez le rapport du personnage principal avec le reste de la foule ainsi que le rapport de la foule par rapport aux Yardbirds. Observez à quel point la mise en scène est à la fois contemplative et active. C'est une scène qui, il me semble, illustre à merveille ce que doit être le cinéma: une trame narrative à plusieurs couches et une mise en scène dans laquelle tous les détails ont de l'importance.
Antonioni a été le père spirituel du cinéma contemplatif asiatique contemporain. Un réalisateur tel que Tsai Ming-liang, par exemple, lui en doit beaucoup.
Arridiverci, Antonioni.
* * *
Sur une note "Ça aurait pu être pire", nous pouvons toutefois nous compter chanceux que ces grands noms sont morts après avoir pu construire une oeuvre achevé. Kieslovski, un autre grands parmi les grands, est mort après avoir laissé une oeuvre inachevée, ce qui a rendu sa mort encore plus désolante que celles de Bergman et Antonioni.
Sur ce, je vous laisse, je cours m'empruter Profession Reporter d'Antonioni...
samedi 21 juillet 2007
Fantasia 2007: City of Violence
Mon expérience cinématographique me dicte que j'ai affaire à un film bien ordinaire lorsque l'on me le présente en disant La bataile de la fin est écoeurante et vaut le prix du billet à elle seule.
City Of Violence, projeté hier à l'occasion du festival Fantasia, vient conforter ce principe.
Dans une situation classique dans les films d'actions sud-coréens, l'intrigue tourne autour du meurtre d'un caïd local, également ami d'un policier. En compagnie d'un ami devenu truand, ils se mettront en frais de résoudre ce sordide meurtre qui les mènera dans les coulisses d'un projet de casino mené par un homme d'affaires mafieux... qui est aussi un ami d'enfance des deux héros et de feu le caïd local.
L'histoire est, en apparence, simple. Mais, dans une volonté d'ajouter un cachet artistique à son oeuvre, le réalisateur et acteur Seung-wan Ryoo (Crying Fist) nous fait perdre le fil du récit avec un montage juché de flashbacks aussi confus qu'inutille. Il est résultat parfois une incompréhension du récit, incompréhension accentué par la mauvaise traduction des sous-titres anglais.
Certes, les scènes de combat sont chorégraphiés au quart de tour, et elle sont filmés et montés à la perfection — ladite séquence finale est, effectivement, une grande réussite technique. Elle ne vaut toutefois pas à elle seule les 7,50$ que j'ai déboursé pour mon billet.
Note: 2,5 / 5
City Of Violence, projeté hier à l'occasion du festival Fantasia, vient conforter ce principe.
Dans une situation classique dans les films d'actions sud-coréens, l'intrigue tourne autour du meurtre d'un caïd local, également ami d'un policier. En compagnie d'un ami devenu truand, ils se mettront en frais de résoudre ce sordide meurtre qui les mènera dans les coulisses d'un projet de casino mené par un homme d'affaires mafieux... qui est aussi un ami d'enfance des deux héros et de feu le caïd local.
L'histoire est, en apparence, simple. Mais, dans une volonté d'ajouter un cachet artistique à son oeuvre, le réalisateur et acteur Seung-wan Ryoo (Crying Fist) nous fait perdre le fil du récit avec un montage juché de flashbacks aussi confus qu'inutille. Il est résultat parfois une incompréhension du récit, incompréhension accentué par la mauvaise traduction des sous-titres anglais.
Certes, les scènes de combat sont chorégraphiés au quart de tour, et elle sont filmés et montés à la perfection — ladite séquence finale est, effectivement, une grande réussite technique. Elle ne vaut toutefois pas à elle seule les 7,50$ que j'ai déboursé pour mon billet.
Note: 2,5 / 5
lundi 23 avril 2007
En direct des boules à mites... Pierre Bachelet!
Je vous ai parlé à quelques reprises de Lily Allen.
L'une des chansons de son dernier album est Littlest Things, une chanson mélancolique dont la musique est signé par le DJ Mark Ronson.
À la première écoute, j'ai cru, comme bien d'autres mélomanes d'ailleurs, que Ronson avait échantilloné Wild World de Cat Stevens. Mais il s'avère que Ronson a plutôt échantiloné et mixé deux chansons de Pierre Bachelet tiré de la bande originale du film Emmanuelle: Emmanuelle dans le miroir ainsi que le thème du film.
(Pour le bénéfice des trois personnes dans le monde qui ne connaissent pas le film Emmanuelle, je me contenterai de dire que ce film se trouve derrière les portes western de votre vidéoclub favori.)
Puisque j'ai toujours la curiosité d'écouter la/les chanson/s originale/s d'un échantillonage, j'ai donc mis la main sur une compilation des plus grands succès de Pierre Bachelet, question d'entendre les deux chansons en question... ainsi que de mieux découvrir l'oeuvre du monsieur.
Dans mon esprit, l'oeuvre de Pierre Bachelet se limitait à des bandes originales de film, y compris la trame sonore d'Emmanuelle. Et franchement, cette trame sonore est plutôt bien fichue. C'est kitsch, mais c'est du kitsch bien fait. Donc, Pierre Bachelet avait plutôt bonne réputation dans mon inconscient musical.
Après l'écoute de cette compilation, deux constats s'imposent.
Première surprise: aucune chanson d'Emmanuelle n'était présente sur la compilation sur laquelle j'ai mis la main. Est-ce donc une trame sonore qui a été mise à l'index compte tenu de la nature plutôt particulière du film?
Deuxième surprise: Pierre Bachelet a non seulement composé la trame sonore de ce classique de genre, mais il a chanté et composé bon nombre de chansons qui était populaire à une époque où j'avais la couche aux fesses.
Retour dans les années 1980: autant dans la voiture qu'à la maison, mes parents écoutaient Rythme FM, qui s'appelait encore CFGL. Pour ceux qui ne connaissent pas cette station, CFGL était à l'époque une station de radio lavaloise qui diffusait des chansons que l'on pourrait classer poliment dans le corpus de la chanson adulte contemporaine — mais, plus crûment, disons que le répertoire diffusé était constitué de tubes où la chanteuse déclamait d'un ton strident son amour à l'auditeur, ou bien de ballades pop desquelles émanaient une effluve de choloroforme.
Ainsi, j'ai découvert que la contribution de Bachelet au corpus musical de la station consciste à au moins deux chansons dont j'ai le souvenir: En l'an 2001 et Tombé en esclavage, deux chansons plus cheezy qu'un bloc de Velveeta.
Entendre ces chansons de nouveau, et surtout pouvoir enfin leur accoler un titre et un interprète, m'a fait le même effet qu'une madeleine sur Marcel Proust. Ce sont tous des chansons dont des bribes diffuses venaient narguer ma mémoire, des chansons dont l'air remontait parfois dans la tête, sans que je sache qui a signé cet air ni quand j'ai entendu cet air.
Mais cette raison nostalgique est bien la seule pour laquelle j'accorde de l'importance à ces chansons. Parce que si ces chansons jouaient à CFGL, c'est parce qu'elles étaient l'incarnation même de la ballade soporifique...
L'une des chansons de son dernier album est Littlest Things, une chanson mélancolique dont la musique est signé par le DJ Mark Ronson.
À la première écoute, j'ai cru, comme bien d'autres mélomanes d'ailleurs, que Ronson avait échantilloné Wild World de Cat Stevens. Mais il s'avère que Ronson a plutôt échantiloné et mixé deux chansons de Pierre Bachelet tiré de la bande originale du film Emmanuelle: Emmanuelle dans le miroir ainsi que le thème du film.
(Pour le bénéfice des trois personnes dans le monde qui ne connaissent pas le film Emmanuelle, je me contenterai de dire que ce film se trouve derrière les portes western de votre vidéoclub favori.)
Puisque j'ai toujours la curiosité d'écouter la/les chanson/s originale/s d'un échantillonage, j'ai donc mis la main sur une compilation des plus grands succès de Pierre Bachelet, question d'entendre les deux chansons en question... ainsi que de mieux découvrir l'oeuvre du monsieur.
Dans mon esprit, l'oeuvre de Pierre Bachelet se limitait à des bandes originales de film, y compris la trame sonore d'Emmanuelle. Et franchement, cette trame sonore est plutôt bien fichue. C'est kitsch, mais c'est du kitsch bien fait. Donc, Pierre Bachelet avait plutôt bonne réputation dans mon inconscient musical.
Après l'écoute de cette compilation, deux constats s'imposent.
Première surprise: aucune chanson d'Emmanuelle n'était présente sur la compilation sur laquelle j'ai mis la main. Est-ce donc une trame sonore qui a été mise à l'index compte tenu de la nature plutôt particulière du film?
Deuxième surprise: Pierre Bachelet a non seulement composé la trame sonore de ce classique de genre, mais il a chanté et composé bon nombre de chansons qui était populaire à une époque où j'avais la couche aux fesses.
Retour dans les années 1980: autant dans la voiture qu'à la maison, mes parents écoutaient Rythme FM, qui s'appelait encore CFGL. Pour ceux qui ne connaissent pas cette station, CFGL était à l'époque une station de radio lavaloise qui diffusait des chansons que l'on pourrait classer poliment dans le corpus de la chanson adulte contemporaine — mais, plus crûment, disons que le répertoire diffusé était constitué de tubes où la chanteuse déclamait d'un ton strident son amour à l'auditeur, ou bien de ballades pop desquelles émanaient une effluve de choloroforme.
Ainsi, j'ai découvert que la contribution de Bachelet au corpus musical de la station consciste à au moins deux chansons dont j'ai le souvenir: En l'an 2001 et Tombé en esclavage, deux chansons plus cheezy qu'un bloc de Velveeta.
Entendre ces chansons de nouveau, et surtout pouvoir enfin leur accoler un titre et un interprète, m'a fait le même effet qu'une madeleine sur Marcel Proust. Ce sont tous des chansons dont des bribes diffuses venaient narguer ma mémoire, des chansons dont l'air remontait parfois dans la tête, sans que je sache qui a signé cet air ni quand j'ai entendu cet air.
Mais cette raison nostalgique est bien la seule pour laquelle j'accorde de l'importance à ces chansons. Parce que si ces chansons jouaient à CFGL, c'est parce qu'elles étaient l'incarnation même de la ballade soporifique...
jeudi 12 avril 2007
RIP Le Parisien (1917-2007) (deuxième partie)
Le cinéma Parisien était comme une vieille tante souffrant d'un cancer en phase terminal: la question n'était pas s'il pouvait survivre, mais quand il allait mourir.
La réponse est tombé hier: 11 avril 2007.
Après des années de rumeurs et de spéculations, la chaîne Cinémas Fortune a annoncé la fermeture du cinéma. Le complexe aurait des nouveaux propriétaires, mais, au moment d'écrire ces lignes, les intentions de ceux-ci ne sont pas claire.
Tout au long des quatre-vingt dix ans d'ouverture du cinéma — d'abord sous le nom de cinéma Princess à partir de 1917, puis sous le nom de cinéma Parisien en 1963 — les salles du Parisien ont vu passer des kilomètres de bobines, autant des blockbusters américains que des films de répertoire français, sans oublier les films de la sélection officielle du Festival des Films du Monde.
Plusieurs anecdotes peuvent être racontés à propos de cette salle. Elle a vu Martin Scorsese présenter lui-même Mean Streets en 2003; elle a vu, en 2002, un incendie criminel allumé par un désaxé qui protestait contre la projection du film... La vérité si je mens 2 (!); le Parisien est également l'endroit où un homme visiblement dérangé a, en 2000, sacccagé une cabine de projection, puis volé les bobines du controversé film français Baise-Moi pour ensuite prendre la fuite en bicyclette, avec sous le bras les bobines qui se déroulaient au vent (!).
Cette salle a également été la scène d'une des histoires les plus fascinantes du folklore montréalais: c'est à cet endroit, en 1926, que le célèbre magicien Harry Houdini a reçu le coup de poing fatal à l'estomac qui déclencha une mortelle crise d'appendicite — thèse toutefois remise en doute par des historiens.
Est-ce que cette fermeture est une perte? Oui et non. C'est que les cinéphiles associent toujours des beaux souvenirs avec les salles, et que plusieurs personnes éprouveront une certaine bouffée de nostalgie lorsque la nouvelle sera publiée dans les quotidiens.
À titre personnel, je dois vous avouer que la nouvelle me fait un pincement au coeur: c'est dans cette salle que j'ai débuté mon odyssée dans le monde des cinéphiles, où j'y ai vu une grande quantité de film de répertoire dans ce cinéma. Il faut dire que, à l'époque, les projections en après-midi n'étaient que de 5$. Autant dire une aubaine.
Si la nouvelle est triste, elle était toutefois inéluctable.
Car, ne nous en cachons pas, cette salle n'avait rien pour elle. Elle est un désastre architectural contenant des salles mal aménagés, des sièges défoncés et vétustes, sans compter que l'atmosphère de l'endroit était aussi accueillante qu'un salon mortuaire.
Bref, la salle n'avait rien pour tenir la route contre les nouvelles salles construites à proximité — le Paramount, le Quartier Latin ou l'Ex-Centris —, et ce n'est pas sa nouvelle vocation de salle de cinéma à rabais qui allait la sauver, comme le démontre la fermeture il y a deux ans d'une autre salle ayant adopté cette même politique, le cinéma Centre Eaton.
Il est à noter que la fermeture du Cinéma Parisien fait suite à la fermeture du complexe StarCité de Ste-Foy ainsi que de la moitié des salles du cinéma des Galeries de la Capitale à Québec, eux aussi propriété de Cinéma Fortune. Cinéma Fortune, compagnie constituté à tout vitesse en 2005, a acheté des salles que le Bureau de la concurrence avait demandé à Cinéplex Divertissements de vendre afin d'approver la fusion de Cinéplex Odéon et de Famous Players. Deux ans plus tard, il semble que Cinéma Fortune, dont les propriétaires sont à la base des gestionnaires de ski, ne semblent pas avoir les reins assez solide pour s'imposer.
Est-ce que d'autres fermetures ailleurs au Québec sont donc à prévoir?
La réponse est tombé hier: 11 avril 2007.
Après des années de rumeurs et de spéculations, la chaîne Cinémas Fortune a annoncé la fermeture du cinéma. Le complexe aurait des nouveaux propriétaires, mais, au moment d'écrire ces lignes, les intentions de ceux-ci ne sont pas claire.
Tout au long des quatre-vingt dix ans d'ouverture du cinéma — d'abord sous le nom de cinéma Princess à partir de 1917, puis sous le nom de cinéma Parisien en 1963 — les salles du Parisien ont vu passer des kilomètres de bobines, autant des blockbusters américains que des films de répertoire français, sans oublier les films de la sélection officielle du Festival des Films du Monde.
Plusieurs anecdotes peuvent être racontés à propos de cette salle. Elle a vu Martin Scorsese présenter lui-même Mean Streets en 2003; elle a vu, en 2002, un incendie criminel allumé par un désaxé qui protestait contre la projection du film... La vérité si je mens 2 (!); le Parisien est également l'endroit où un homme visiblement dérangé a, en 2000, sacccagé une cabine de projection, puis volé les bobines du controversé film français Baise-Moi pour ensuite prendre la fuite en bicyclette, avec sous le bras les bobines qui se déroulaient au vent (!).
Cette salle a également été la scène d'une des histoires les plus fascinantes du folklore montréalais: c'est à cet endroit, en 1926, que le célèbre magicien Harry Houdini a reçu le coup de poing fatal à l'estomac qui déclencha une mortelle crise d'appendicite — thèse toutefois remise en doute par des historiens.
Est-ce que cette fermeture est une perte? Oui et non. C'est que les cinéphiles associent toujours des beaux souvenirs avec les salles, et que plusieurs personnes éprouveront une certaine bouffée de nostalgie lorsque la nouvelle sera publiée dans les quotidiens.
À titre personnel, je dois vous avouer que la nouvelle me fait un pincement au coeur: c'est dans cette salle que j'ai débuté mon odyssée dans le monde des cinéphiles, où j'y ai vu une grande quantité de film de répertoire dans ce cinéma. Il faut dire que, à l'époque, les projections en après-midi n'étaient que de 5$. Autant dire une aubaine.
Si la nouvelle est triste, elle était toutefois inéluctable.
Car, ne nous en cachons pas, cette salle n'avait rien pour elle. Elle est un désastre architectural contenant des salles mal aménagés, des sièges défoncés et vétustes, sans compter que l'atmosphère de l'endroit était aussi accueillante qu'un salon mortuaire.
Bref, la salle n'avait rien pour tenir la route contre les nouvelles salles construites à proximité — le Paramount, le Quartier Latin ou l'Ex-Centris —, et ce n'est pas sa nouvelle vocation de salle de cinéma à rabais qui allait la sauver, comme le démontre la fermeture il y a deux ans d'une autre salle ayant adopté cette même politique, le cinéma Centre Eaton.
Il est à noter que la fermeture du Cinéma Parisien fait suite à la fermeture du complexe StarCité de Ste-Foy ainsi que de la moitié des salles du cinéma des Galeries de la Capitale à Québec, eux aussi propriété de Cinéma Fortune. Cinéma Fortune, compagnie constituté à tout vitesse en 2005, a acheté des salles que le Bureau de la concurrence avait demandé à Cinéplex Divertissements de vendre afin d'approver la fusion de Cinéplex Odéon et de Famous Players. Deux ans plus tard, il semble que Cinéma Fortune, dont les propriétaires sont à la base des gestionnaires de ski, ne semblent pas avoir les reins assez solide pour s'imposer.
Est-ce que d'autres fermetures ailleurs au Québec sont donc à prévoir?
RIP Le Parisien (1917-2007)
C'était à prévoir, mais l'administration du cinéma Parisien annonce la fermeture de la salle.
Plus de détails en fin de soirée...
Plus de détails en fin de soirée...
lundi 9 avril 2007
Luigi Comencini (1916-2007)
Le réalisateur italien Luigi Comencini est décédé cette fin de semaine. Dans son édition de samedi, le quotidien français L'Humanité a publié une excellente biographie du réalisateur.
Je ne connais pas beaucoup les oeuvres de ce réalisateur, mais les images du film Le Grand Embouteillage reste l'un de mes premiers souvenirs cinématographiques. Du haut de mes quatre ou cinq ans, ce concept voulant que des monsieurs et des madames restent assis dans des autos qui n'avancent pas en plein milieu de l'autoroute m'avait étonné.
Je ne connais pas beaucoup les oeuvres de ce réalisateur, mais les images du film Le Grand Embouteillage reste l'un de mes premiers souvenirs cinématographiques. Du haut de mes quatre ou cinq ans, ce concept voulant que des monsieurs et des madames restent assis dans des autos qui n'avancent pas en plein milieu de l'autoroute m'avait étonné.
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