jeudi 17 avril 2008
De retour après la pause
«Tu écris encore dans ton blogue?», m'a demandé une amie.
En principe, oui. Mais répondre oui à cette question serait comme répondre que l'on vit dans une maison où le gazon n'a pas été coupé en quatre mois. Lire: ce n'est pas le genre d'endroit que l'internaute moyen serait tenté de visiter de manière spontané.
Oui, donc, ce blogue est encore vivant. Son auteur souffrait seulement d'une grande panne d'essence et du syndrôme de la page blanche.
Je n'ai jamais eu d'énergie en hiver, et ce d'aussi longtemps que je me souvienne — si vous avez des trucs pour garder des airs de Rambo en pleine tempête de février, postez-les ici et ça va me faire plaisir de les considérer.
J'ai bien essayé d'écrire des billets, en me disant que je me devait d'acquérir une certaine discipline afin de donner aux lecteurs impatients un peu de substance sur lesquelles méditer. Mais voilà: à chaque fois que je m'assoyais devant mon charmant portable, j'avais des airs de Andy Kaufman dans Adaptation: un paumé figé devant sa dactylo, sans aucune espèce d'inspiration et constamment dérangé par l'idée de manger un muffin. Et ça à donné une panne d'inspiration majeure. J'ai bien tenté d'écrire des billets cet hiver, mais le résultat était... euh... comment pourrais-je dire... indigne du sceau de qualité Cinoche78. J'ai préféré ne rien écrire, en me disait que j'aurait plus d'inspiration le lendemain.
Finalement, ce lendemain aura duré quatre mois.
Alors, à tout ceux qui croyait mon blogue mort et enterré... rassurez-vous, je suis de retour, et j'espère ne plus vous faire faux bond de la sorte. Vous me pardonnez? :-)
lundi 31 décembre 2007
Ça va bien (même quand il pleut, le soleil me tend la main)
Il m’est difficile d’écrire quand tout va bien. Tout va bien à mon travail. Tout va bien dans ma vie. Ma vie est un long fleuve tranquille. Je n’ai pas de raison pour chiâler, si ce n’est que j’ai goûté à la médecine du pitoyable service à la clientèle de Rogers, qui m’a décidé, sans doute une première dans le monde, à leur faire savoir que je n’avais plus besoin de leur service avant même de bénéficier dudit service. (Avis à tous : ne faites jamais, jamais, jamais affaire avec Rogers. De un, leurs agents du service à la clientèle sont tous, sans exception, des écervelés de 19 ans pour qui le vouvoiement et la politesse sont des notions abstraites. De deux, j’aurais dû me douter que quelque chose clochait avec cette compagnie dès le jour où son président s’est fait pirater son cellulaire par le Hezbollah.)
L’année 2007 fût tumultueuse, et pourtant sa finale était d’une stabilité que je n’ai pas connu depuis… depuis que je suis au monde, tiens. J’ai un appartement dans lequel je me sens chez moi, je suis entouré de gens envers lesquels je peux faire confiance, j’ai un travail fabuleux que j’apprécie. Bref, tout est paisible.
En 2007, j’ai réglé certaines préoccupations intérieures. Depuis des années, je me posais beaucoup de question sur ma trajectoire de vie et mes choix personnels : j’avais toujours cette sensation d’être une ou deux coches en arrière de tout le monde, de ne pas être dans la parade avec les autres. (Insérez ici un contre-champ de la figure de Josélito, le regard fougueux et empathique, les deux mains l’une dans l’autre, assis dans son sofa, qui écoute avec attention mes confidences.)
Étrangement, le fait de recroiser plusieurs personnes que j’ai croisé dans ma vie — merci à Facebook pour faveur obtenu — m’a permis de mieux me situer. Et c’est bien mieux d’avoir une boussole quand on veut se situer dans le reste du monde, non? Bref, tel John Cusack dans High Fidelity, j’ai refait ma trajectoire de vie. À la différence que je n’ai pas encore croisé mon ex — bien que je suis certain de l’avoir entrevue cet été. (Ne manquez pas la suite la semaine prochaine dans 7 Jours, ainsi que lors de mon prochain passage, convergence oblige, à l’émission de Denis Lévesque à LCN ainsi qu’au Banquier dans le rôle du concurrent foubraque.)
C’est l’une des raisons pour laquelle 2008 me semble meilleure que 2007. J’ai des bases solides dès le début de l’année et, comme pour en rajouter, l’année 2008 verra apparaître sur les tablettes de votre magasin Archambault — tant qu’à faire dans la convergence, t’sé… — la nouvelle galette de Lily Allen et le nouveau CD de Amy Winehouse …si elle reste en vie jusque-là. Que peut-on demander de plus? Une coupe Stanley à Montréal? Ça ne serait pas une mauvaise idée, remarquez.
Vivement 2008!
L’année 2007 fût tumultueuse, et pourtant sa finale était d’une stabilité que je n’ai pas connu depuis… depuis que je suis au monde, tiens. J’ai un appartement dans lequel je me sens chez moi, je suis entouré de gens envers lesquels je peux faire confiance, j’ai un travail fabuleux que j’apprécie. Bref, tout est paisible.
En 2007, j’ai réglé certaines préoccupations intérieures. Depuis des années, je me posais beaucoup de question sur ma trajectoire de vie et mes choix personnels : j’avais toujours cette sensation d’être une ou deux coches en arrière de tout le monde, de ne pas être dans la parade avec les autres. (Insérez ici un contre-champ de la figure de Josélito, le regard fougueux et empathique, les deux mains l’une dans l’autre, assis dans son sofa, qui écoute avec attention mes confidences.)
Étrangement, le fait de recroiser plusieurs personnes que j’ai croisé dans ma vie — merci à Facebook pour faveur obtenu — m’a permis de mieux me situer. Et c’est bien mieux d’avoir une boussole quand on veut se situer dans le reste du monde, non? Bref, tel John Cusack dans High Fidelity, j’ai refait ma trajectoire de vie. À la différence que je n’ai pas encore croisé mon ex — bien que je suis certain de l’avoir entrevue cet été. (Ne manquez pas la suite la semaine prochaine dans 7 Jours, ainsi que lors de mon prochain passage, convergence oblige, à l’émission de Denis Lévesque à LCN ainsi qu’au Banquier dans le rôle du concurrent foubraque.)
C’est l’une des raisons pour laquelle 2008 me semble meilleure que 2007. J’ai des bases solides dès le début de l’année et, comme pour en rajouter, l’année 2008 verra apparaître sur les tablettes de votre magasin Archambault — tant qu’à faire dans la convergence, t’sé… — la nouvelle galette de Lily Allen et le nouveau CD de Amy Winehouse …si elle reste en vie jusque-là. Que peut-on demander de plus? Une coupe Stanley à Montréal? Ça ne serait pas une mauvaise idée, remarquez.
Vivement 2008!
lundi 24 décembre 2007
Noyeux Joël!
De la part de toute l’équipe de La vie en pan & scan — c’est à dire, moi — je vous souhaite un joyeux Noël 2007.
Pour ma part, je passe la journée confortablement assis chez moi, en compagnie de quatre filles. Et j’ai nommé Carrie, Miranda, Samantha et Charlotte..
On fête pas trop, hein? Parce qu’il faut se garder de la place dans le foie pour le 1er janvier. :-)
Pour ma part, je passe la journée confortablement assis chez moi, en compagnie de quatre filles. Et j’ai nommé Carrie, Miranda, Samantha et Charlotte..
On fête pas trop, hein? Parce qu’il faut se garder de la place dans le foie pour le 1er janvier. :-)
jeudi 29 novembre 2007
Elvis Gratton is alive and kicking
Je travaille depuis près de six ans dans des centres d'appels, et une des mes observations est que, peu importe le centre d'appel, les immigrants de deuxième génération y sont surreprésentés par rapport à leur poids démographique dans le Québec. Plusieurs raisons expliquent cet état de fait: les centres d'appels sont en majorité basés à Montréal; les immigrants de deuxième génération parlent généralement trois langues; plus platement, ils sont réduits à ce genre d'emploi puisque leur compétence dans leur domaine d'études ne sont pas encore reconnus.
On ne se surprendra alors pas d'apprendre que l'actuel centre d'appel pour lequel je travaille est une mosaïque culturelle qui ferait pleurer de joie n'importe quel tenant du multiculturalisme canadian: tous les coins du monde y sont représentés — ou presque, car, hélas, je n'ai pas encore de collègue de travail suédoise de 21 ans, blonde aux yeux bleus —et tous et chacun cohabitent dans l'harmonie.
À vrai dire, je suis l'un des rares Québécois de souche à travailler dans ce centre d'appel. C'est ainsi que les clients québécois de souche, probablement soulagés d'entendre un des leurs avec un gros accent de Montréal, croient avoir une oreille à leur écoute.
Et c'est là que ça fait peur. Parce que ces Elvis Gratton croient avoir affaire à quelqu'un comme eux, ils se permettent de cracher tout le mépris qu'ils ont envers mes collègues de travail qui ont le malheur de parler français avec un accent différent de celui du Québécois moyen.... et, croyez-moi, ce n'est pas beau ni à entendre, ni à répéter.
(C'est dans ces circonstances que j'ai le goût de transférer l'appel à une collègue de travail, qui a une voix tout ce qu'il y a de québécois... mais qui est en fait une Tunisienne qui porte le hijab. Mouhahahaha...)
Étrangement, c'est le premier centre d'appel où je sens autant de hargne des clients envers les immigrants de deuxième génération. Certes, il y avait toujours des WASP un peu trop pincés qui grognait contre des téléphonistes québécois qui avaient le malheur de parler anglais avec un accent trop près de celui de Stéphane Dion, mais jamais de Québécois se plaindre qu'un téléphoniste avait un accent pas assez québécois.
Étrangement, les derniers quarts de travail de téléphoniste de mon ancien emploi étaient en mai, et j'ai pris les premiers appels de mon nouvel emploi en octobre. Serait-ce que, cet été, tout le délire cosmique autour des accommodements raisonnables et de la Commission Bouchard-Taylor qui a réveillé le Elvis Gratton intérieur du Québécois moyen? À moins que ce soit moi qui me fasse des idées?
On ne se surprendra alors pas d'apprendre que l'actuel centre d'appel pour lequel je travaille est une mosaïque culturelle qui ferait pleurer de joie n'importe quel tenant du multiculturalisme canadian: tous les coins du monde y sont représentés — ou presque, car, hélas, je n'ai pas encore de collègue de travail suédoise de 21 ans, blonde aux yeux bleus —et tous et chacun cohabitent dans l'harmonie.
À vrai dire, je suis l'un des rares Québécois de souche à travailler dans ce centre d'appel. C'est ainsi que les clients québécois de souche, probablement soulagés d'entendre un des leurs avec un gros accent de Montréal, croient avoir une oreille à leur écoute.
Et c'est là que ça fait peur. Parce que ces Elvis Gratton croient avoir affaire à quelqu'un comme eux, ils se permettent de cracher tout le mépris qu'ils ont envers mes collègues de travail qui ont le malheur de parler français avec un accent différent de celui du Québécois moyen.... et, croyez-moi, ce n'est pas beau ni à entendre, ni à répéter.
(C'est dans ces circonstances que j'ai le goût de transférer l'appel à une collègue de travail, qui a une voix tout ce qu'il y a de québécois... mais qui est en fait une Tunisienne qui porte le hijab. Mouhahahaha...)
Étrangement, c'est le premier centre d'appel où je sens autant de hargne des clients envers les immigrants de deuxième génération. Certes, il y avait toujours des WASP un peu trop pincés qui grognait contre des téléphonistes québécois qui avaient le malheur de parler anglais avec un accent trop près de celui de Stéphane Dion, mais jamais de Québécois se plaindre qu'un téléphoniste avait un accent pas assez québécois.
Étrangement, les derniers quarts de travail de téléphoniste de mon ancien emploi étaient en mai, et j'ai pris les premiers appels de mon nouvel emploi en octobre. Serait-ce que, cet été, tout le délire cosmique autour des accommodements raisonnables et de la Commission Bouchard-Taylor qui a réveillé le Elvis Gratton intérieur du Québécois moyen? À moins que ce soit moi qui me fasse des idées?
lundi 12 novembre 2007
Silence, s'il vous plaît!
Je vous invite à lire le dernier blogue de l'ami David sur l'attitude du public lors d'une représentation d'une pièce de théâtre chez Duceppe.
Pour avoir travaillé pour une billetterie qui vendait entre autres les billets du Théâtre Jean-Ducceppe, je n'ai aucune difficulté à croire les dires de ce blogue. Après tout, le public qui achète des billets pour le Théâtre Jean-Ducceppe est, restons poli, un public différent de ceux des autres théâtres.
Il serait toutefois réducteur de ramener cet incident à la clientèle de ce théâtre.
Car si la technologie abolit les frontières, il semble qu'elle abolit aussi les bonnes manières. Il y a dix ans à peine, le seul désagrément possible dans le lieu public était le Roger bavard et sa Géraldine de femme, dont le bavardage trop insistant et fort nous portaient à croire qu'ils se pensaient dans son salon. Mais on pouvait toujours rationaliser la chose, sans la justifier, en se disant que Roger et Géraldine ne sortait pas souvent.
Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Il y a certes toujours les Roger et les Géraldine, mais des urbains se mettent de la partie à l'aide des nouvelles technologies. L'espace public de 2007 est envahi par la musique techno ou hip-hop jouée à tue-tête, des sonneries de cellulaire de mauvais goût et de jeux vidéo avec une trame sonore conçue pour plaire aux plus débiles des débiles profonds.
Combien de fois vois-je dans le métro des gens — toutes catégories d'âges confondus — nous imposer leur musique sans même prendre la peine de s'acheter des écouteurs? Et encore: ceux qui portent des écouteurs écoutent leur musique à un volume si élevé que l'effet est le même que s'il n'en portait pas.
Il est vrai que le problème avec les iPod, les cellulaires ou les jeux vidéos du même acabit, c'est que la sophistication technologique de ces appareils électroniques est inversement proportionnelle au degré de civisme de ceux qui les utilisent. Mais j'ose avancer une autre hypothèse: et si ce bruit était délibéré, car indicateur de succès social?
Faire du bruit, c'est montrer que nous avons une vie remplie, occupée, que nous avons réussi à tisser des liens sociaux et culturels. À défaut de s'acheter une grosse bagnole pour impressionner, des urbains écoutent le dernier album à la mode sur un iPod Touch dernière génération d'une oreille pendant que, de l'autre, ils écoutent sur le cellulaire dernier cri ce que son ami à a dire — et ça, c'est s'il ne communique pas avec lui en SMS avec un Blackberry.
Dans notre société basée sur le succès et la performance, faire du bruit est un indicateur de succès: il sous-entend le mouvement, l'action, la capacité d'avoir une influence et une prise sur le monde.
Faire du bruit en public, c'est vouloir montrer que nous sommes importants. C'est aussi rejeter la cohésion sociale, les règles du savoir-vivre. Tout comme le télémarketing, c'est empiéter dans l'espace d'autrui de manière non sollicité pour donner une impression d'importance. Mais, dans les deux cas, le résultat reste le même: une impression que quelqu'un, quelque part, veut cacher son insignifiance dans un show de boucane.
Pour avoir travaillé pour une billetterie qui vendait entre autres les billets du Théâtre Jean-Ducceppe, je n'ai aucune difficulté à croire les dires de ce blogue. Après tout, le public qui achète des billets pour le Théâtre Jean-Ducceppe est, restons poli, un public différent de ceux des autres théâtres.
Il serait toutefois réducteur de ramener cet incident à la clientèle de ce théâtre.
Car si la technologie abolit les frontières, il semble qu'elle abolit aussi les bonnes manières. Il y a dix ans à peine, le seul désagrément possible dans le lieu public était le Roger bavard et sa Géraldine de femme, dont le bavardage trop insistant et fort nous portaient à croire qu'ils se pensaient dans son salon. Mais on pouvait toujours rationaliser la chose, sans la justifier, en se disant que Roger et Géraldine ne sortait pas souvent.
Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Il y a certes toujours les Roger et les Géraldine, mais des urbains se mettent de la partie à l'aide des nouvelles technologies. L'espace public de 2007 est envahi par la musique techno ou hip-hop jouée à tue-tête, des sonneries de cellulaire de mauvais goût et de jeux vidéo avec une trame sonore conçue pour plaire aux plus débiles des débiles profonds.
Combien de fois vois-je dans le métro des gens — toutes catégories d'âges confondus — nous imposer leur musique sans même prendre la peine de s'acheter des écouteurs? Et encore: ceux qui portent des écouteurs écoutent leur musique à un volume si élevé que l'effet est le même que s'il n'en portait pas.
Il est vrai que le problème avec les iPod, les cellulaires ou les jeux vidéos du même acabit, c'est que la sophistication technologique de ces appareils électroniques est inversement proportionnelle au degré de civisme de ceux qui les utilisent. Mais j'ose avancer une autre hypothèse: et si ce bruit était délibéré, car indicateur de succès social?
Faire du bruit, c'est montrer que nous avons une vie remplie, occupée, que nous avons réussi à tisser des liens sociaux et culturels. À défaut de s'acheter une grosse bagnole pour impressionner, des urbains écoutent le dernier album à la mode sur un iPod Touch dernière génération d'une oreille pendant que, de l'autre, ils écoutent sur le cellulaire dernier cri ce que son ami à a dire — et ça, c'est s'il ne communique pas avec lui en SMS avec un Blackberry.
Dans notre société basée sur le succès et la performance, faire du bruit est un indicateur de succès: il sous-entend le mouvement, l'action, la capacité d'avoir une influence et une prise sur le monde.
Faire du bruit en public, c'est vouloir montrer que nous sommes importants. C'est aussi rejeter la cohésion sociale, les règles du savoir-vivre. Tout comme le télémarketing, c'est empiéter dans l'espace d'autrui de manière non sollicité pour donner une impression d'importance. Mais, dans les deux cas, le résultat reste le même: une impression que quelqu'un, quelque part, veut cacher son insignifiance dans un show de boucane.
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