vendredi 7 septembre 2007

Keith Olbermann

Si vous regardez la chaîne d'information continu MSNBC, vous connaissez certainement Keith Olbermann.

Animateur du bulletin sportif de ESPN dans les années 90 et chercheur émérite dans le monde du baseball, il quitte le réseau au début des années 2000, effectue divers boulots de journalisme avant de se faire offrir, en pleine opération militaire en Irak, l'animation d'une émission d'information, Countdown, sur les ondes de MSNBC. Rapidement, l'émission s'impose comme une tribune démocrate qui fait contrepoids aux délires cosmiques républicains du commentateur Bill O'Reilly, son concurrent direct à la même heure sur Fox News.

Olbermann est également un tribun hors du commun, dont les commentaires sont d'une justesse tranchante. Mardi dernier, il commentait avec son aplomb habituel la visite du président Bush en Afghanistan ainsi que la parution d'une première biographie portant sur les deux mandats du président:



Si ce n'est pas déjà fait et que vous êtes en mesure de le faire, je vous recommende donc de vous abonner à MSNBC, ce serait-ce que pour regarder Countdown with Keith Olbermann tous les soirs de semaine à 20h. Si ce n'est pas déjà fait, cette émission va vous réconcillier avec les États-Unis. Parce que les États-Unis n'est pas que le pays de Dick Cheney, Karl Rove ou de l'American Entreprise Institute; c'est aussi celui de Howard Zinn, de Noam Chomsky, de John Stewart, de Stephen Colbert. Et de Keith Olbermann.

mercredi 5 septembre 2007

Réflexions sur Cédrika

Patrick Lagacé m'apprend que le Cédrika Show se poursuit de plus belle. Et, comme il se doit, il dérape complètement — le Cédrika Show, pas Patrick Lagacé.

Pas moyen d'ouvrir la télé ou de lire le journal sans entendre ou lire un journaliste qui essaie tant bien que mal de faire de la contorsion intellectuelle afin de réinventer une manière de parler de vous-savez-qui. Tous les commerçants ont des affiches de vous-savez-qui. La rentrée sans vous-savez-qui. Claude Poirier va dans une cabine téléphonique, déchire sa chemise et devient Le Négociateur afin de sauver vous-savez-qui. On aurait vu vous-savez-qui dans une vieille camionnette. Et maintenant, LCN interviewe des voyantes afin d'en apprendre davantage sur vous-savez-qui.

N'importe quoi.

Le problème est qu'il y a une interaction entre les médias et les fêlés de ce bas monde. Les médias mettent du vous-savez-qui mur-à-mur, ce qui alimente les fantasmes des mythomanes qui affirment avoir vu vous-savez-qui, ce qui amène les médias à interviewer les mythomanes qui affirment avoir vu vous-savez-qui, ce qui inspire d'autre désaxés qui affirment eux aussi avoir vu vous-savez-qui au même endroit, ce qui alimentent les médias en propos, et ce qui amène la population dans un délire paranoïaque, qui inspire les médias à parler encore plus de vous-savez-qui... et ainsi de suite.

Et cette boucle infinie délirante se suffit à elle-même, jusqu'au moment où l'on retrouvera vous-savez-qui.

Que l'on retrouve vous-savez-qui. Morte ou vivante, m'en fout. Que l'on la retrouve pour faire cesser ce tapage médiatique qui est en train d'enfoncer le Québec dans un délire collectif encore plus profond qu'il ne l'est déjà.

* * *

Vous imaginez-vous si on retrouverai vous-savez-qui morte et que son ravisseur était un Arabe, un Juif et/ou un Noir? Ça pincerai les deux cordes sensibles du Québec de 2007: les-méchants-immigrants (sic) et vous-savez-qui.

Il y a deux personnes au Québec qui rêvent d'un pareil scénario: Pierre-Karl Péladeau et Mario Dumont. Le premier pour vendre encore plus de copie et encore plus de temps d'antenne; le second, à l'image des Républicains qui admettent rêver d'un autre attentat en sol américain, question de mobiliser les Américains derrière le programme politique républicain, afin de promouvoir son discours haineux, de gagner des votes et de prendre le pouvoir.

* * *

C'est quoi ce délire cosmique, anciens collègues? Pendant que vous traquez vous-savez-qui, le Canada se prépare à devenir la poubelle nucléaire du monde, et il y a un silence radio. Pas de débat, peu de nouvelles, aucun souci d'éveiller la conscience des citoyens à ce problème qui, pendant ce temps en Australie, divise la population depuis au moins un an et qui embarrasse à ce point le gouvernement conservateur de John Howard qu'il pourrait perdre la prochaine élection sur cette question.

On me dira que cette nouvelle ne fait pas lever l'audimat. Mais qui a dit que les journaux télévisés devraient faire lever l'audimat? Traitez-moi de gauchiste qui sent le patchouli si ça vous chante, mais j'ai toujours crû que les vecteurs d'informations doivent, par essence, distiller l'ennui. Pas trop, mais juste assez pour ne pas avoir l'idée de regarder les nouvelles ou de lire un journal simplement pour se divertir. Si quelqu'un veut simplement se divertir, il pourra toujours regarder Virginie.

Et j'ai l'impression que c'est ça, vous-savez-qui: du Virginie, mais en vrai, monté de manière à divertir.

* * *

Puisque les médias n'ont pas grand chose à dire l'été, ils meublent l'espace public de sujets qui sont invariablement les mêmes à chaque année. Les déménagements du 1er juillet. Les vacances de la construction. L'attente aux douanes canadiennes.

À chaque été, il y a un enfant disparu qui retient l'attention — comme s'il n'y en avait qu'un seul.

Hier, une ballade en métro m'a permis de voir l'affiche d'une ado portée disparue. Ça doit bien être la première fois depuis deux mois qu'une affiche d'enfant recherché n'était pas pour retrouver vous-savez-qui.

Cet été, combien d'ados et d'enfants ont disparu dans le silence média le plus total?

C'est à leurs parents que je pense en ce moment.

De ABBA à Zappa

Voici une sympathique publicité pour l'hebdomadaire britannique The Observer. Saurez-vous reconnaître tous les artistes mentionnés?

dimanche 2 septembre 2007

Miam... de la «merde cuite à la vapeur» (sic)

Visiblement, les célèbres traducteurs de messages de biscuit chinois ne se contentent pas de massacrer le français, mais aussi l'anglais.

MSNBC rapporte que, pour contrer le nombre incalculable de traduction douteuse dans les menus des restaurants de Beijing, le gouvernement chinois propose une liste officielle de traduction mandarin/anglais pour ces plats.

C'est que, dans la version anglaise des menus, le jeune poulet (young chicken) devenait le poulet vierge (virgin chicken) et que la truite cuite à la vapeur (steamed carp) devenait merde cuite à la vapeur (steamed crap).

J'imagine la réaction tout à fait hilare des journalistes anglo-saxons lorsqu'ils auraient passé une commande dans un restaurant local.

samedi 1 septembre 2007

De retour à la programmation régulière

Il y a un bail que je ne vous ai pas parlé de ma recherche d'emploi.

Outre le fait qu'il y a une raison bien précise pour laquelle je n'ai pas pu chercher un emploi autant que je le désirais — je vous raconterai cela un de ces jours —, il y a le fait que les résultats de mes recherches étaient désespérants.

C'est qu'après avoir quitté mon emploi situé dans une des magnifiques tour d'inspiration nord-coréenne du quartier industriel de Ville Saint-Laurent, j'ai poursuivi mes recherches d'emplois. Mais soit que je me faisais jouer le coup du on a une parcarte qui dit que l'on recherche des employés mais dans les faits c'est purement décoratif ou celle du vous avez trop/pas assez d'expérience.

Désemparé par les nombreux échecs consécutifs — j'ai bien du envoyer près de 200 CVs en trois mois, et malgré tout je n'avais aucun emploi! —, je vivais de mes épargnes depuis le début du mois d'août.

J'ai passé les trois dernières semaines à vivre comme une hermite dans mon appartement, à ne rien faire qui vaille si ce n'est que d'écouter quelques émissions de télé qui me permettait de garder contact avec la société. Mais comme je ne me voyais pas au bureau de l'aide sociale remplir des formulaires sous le regard austère d'une fonctionnaire mâratre qui en veut à tous les hommes de la planète pour ses déboires sentimentaux, j'ai décidé de me reprendre en main.

(Insérez un montage: ici, un plan où le héros s'entraîne fort; suivi d'un plan où il frappe des sacs de sables; plan suivant, le héros fait des pushs-up avec difficulté; on le voit par la suite frapper des sacs de sable avec intensité telle que l'on voit la sueur se répandre dans les airs; plan de coupe où le héros fait des push-ups avec une grande facilité, suivi d'un plan où il saute rapidement à la corde à danser; on le voit pâr la suite faire des push-ups d'une seule main, avant de le voir jogger à l'ombre du pont Jacques-Cartier, en legging et avec un coton ouaté asur lequel est imprimé une tête de loup, sous le son du thème de Rocky. Le coureur s'arrête, voyant devant lui la grandeur du ciel bleue, le pont Jacques-Cartier et, surtout, les studios de Télé-Québec. Fin.)

Or, quelqu'une, quelque part, a dû allumer un lampion à l'Oratoire Saint-Joseph.

Vous avez sans doute lu mes multiples péripéties de recherches d'emplois, où les malchances se multipliaient les une à la suite des autres. C'était d'autant plus désespérant que j'ai toujours eu la chance de trouver des emplois rapidement — en temps normal, entre trois et cinq jours me suffisent pour me caser ailleurs. Or, cet été, j'ai passé pratiquement quatre mois sans travailler, et ce n'est pas faute de ne pas avoir cherché d'emploi.

Mais, comme par magie, j'ai retrouvé cette semaine cette faculté à trouver un emploi les mains attachés dans le dos.

Lundi matin, j'ai envoyé des CVs dans diverses compagnies. Exactement dix minutes après l'envoi d'un CV à un employeur, il me rappelle et me donne un rendez-vous pour une entrevue mardi matin. Je passe l'entrevue mardi matin... et j'ai eu l'emploi! Le plus beau de l'histoire est que mon bureau est au centre-ville et que l'on me promets 40 heures de travail par semaine.

Le plus beau dans l'histoire est que j'ai une autre entrevue pour un emploi plus intéressant — et plus payant — à la mi-septembre. Donc, cet emploi actuel sera idéal pour payer les factures... en espérant décrocher l'autre emploi.